Comment décarboniser les 15 pays les plus émetteurs ?

Le 29 avril 2014 par Stéphanie Senet
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Laurence Tubiana espère faire entendre un programme constructif lors de la COP21
Laurence Tubiana espère faire entendre un programme constructif lors de la COP21

L’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) a présenté, ce 29 avril, son nouveau programme de recherche. Objectif: établir des trajectoires nationales spécifiques de décarbonisation, à l’horizon 2050, dans les 15 pays les plus émetteurs au monde.

Sous l’intitulé «Deep decarbonization pathways projects» ou DDPP, ce nouveau programme s’avère des plus ambitieux. «L’innovation de ce programme de recherche provient de son approche pays par pays, contraire à l’approche agrégée développée par le Giec[1]», explique Laurence Tubiana, directrice de l’Iddri. Il s'agit d’imaginer une planète où le réchauffement serait contenu à 2 degrés, et d’en déduire les trajectoires nationales des 15 pays les plus émetteurs.

A eux seuls, ces 15 pays –Allemagne, Afrique du Sud, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, Etats-Unis, France, Inde, Indonésie, Japon, Mexique, Royaume-Uni et Russie- émettent plus de 75% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Si l’Union européenne n’a pas été retenue en tant qu’entité, c’est pour mieux prendre en compte les spécificités des pays européens. En France, le programme s’appuiera sur les centres de recherche Eden et Cired, relevant tous deux du CNRS. La loi sur la transition énergétique pourrait offrir aux chercheurs une ébauche précise de la trajectoire à mener dans l’Hexagone d’ici 2050.

Coordonné par l’Iddri et par le réseau onusien Sustainable develoment solutions network (SDSN), le projet refuse de tomber dans la pure théorie. «Dans chacun des pays, nous nous appuyons sur des chercheurs ayant également la compétence d’experts intégrés dans les processus politiques», détaille Henri Waisman, coordinateur du DDPP pour l’Iddri. La Pologne n’a d’ailleurs pas été retenue faute de trouver des chercheurs investis dans le champ des négociations.

Une recherche en deux temps

Lancée en janvier, la première phase vise à recueillir, dans chaque pays, les scénarios relevant du possible au regard des contraintes sociales, politiques et techniques. En Afrique du Sud, la trajectoire devra ainsi tenir compte de la politique d’expansion de l’accès à l’électricité, «ce qui ne permettra pas à ce pays d’aller aussi loin que les autres dans la décarbonisation». Deuxième étape: articuler ces scénarios avec l’enjeu global de contenir le réchauffement à 2 degrés, «en plafonnant les émissions de GES à 2 tonnes équivalent CO2 par an et par personne en 2050», explique Henri Waisman en référence au calcul contenu dans la feuille de route de Bali en 2007.

L’objectif avoué reste de «pousser les pays hors de leur zone de confort», en réduisant les émissions des secteurs les plus émetteurs (déforestation en Indonésie, consommation d’énergie et transports en Europe), avec un effort accru sur l’efficacité énergétique. Le postulat est simple: plus on fera des efforts sur la demande d’énergie et moins on aura besoin de nucléaire.

Premiers résultats en juillet

Le DDPP compte faire entendre sa voix. Son rapport préliminaire sera présenté le 1er juillet 2014 au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, en vue de préparer le sommet onusien sur le climat du 23 septembre à New York. Sa version définitive sera transmise au cours du premier trimestre 2015 à la présidence de la COP21, mais l’Iddri veut s’en démarquer pour éviter de tomber dans le piège des négociations politiques. «Les objectifs et l’échéance ne sont pas les mêmes. La COP21 va tenter de dégager un compromis global à l’horizon 2025 ou 2030, tandis que nous diffuserons les trajectoires nationales, les plus réalistes et précises possibles, à l’horizon 2050», insiste Laurence Tubiana.



[1] Giec: Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat

 



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