Comment Bruxelles compte financer son Green Deal

Le 14 janvier 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Frans Timmermans, vice-président de la Commission, a présenté le mode de financement du Green Deal.
Frans Timmermans, vice-président de la Commission, a présenté le mode de financement du Green Deal.

La Commission veut consacrer 1.000 milliards d'euros au verdissement de l'Europe entre 2021 et 2027.

 

Le deuxième étage de la fusée Green Deal vient d’être posé. Ce mardi 14 janvier, la Commission européenne a présenté au Parlement européen le volet financier de son projet de pacte vert, dévoilé le 11 décembre dernier pendant la COP climat.

D’ici à 2030, l’exécutif communautaire entend consacrer 1.000 milliards d’euros à son plan d'investissement pour une Europe durable. Ou comment mettre le continent sur la voie de la neutralité carbone, objectif visé en 2050. Pour important soit-il, ce montant est  comparable, en moyenne annuelle, à celui des plans Juncker de relance de l’économie européenne.

Reprenant une recette mainte fois mitonnée, Bruxelles mélangera financements publics et privés pour satisfaire l’appétit en capitaux des porteurs de projets.

la PAC mise à contribution

Le budget européen sera mis à contribution. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen a rappelé qu’elle consacrerait le quart du budget de la commission aux investissements climatiques. Ne reste plus aux Etats membres qu’à s’accorder sur ledit budget. Selon les projections qui circulent dans les couloirs de la Commission, 500 milliards d’euros pourraient ainsi être fléchés vers l’atténuation ou l’adaptation entre 2021 et 2027. Un peu moins de la moitié de cet effort (200 Md€) devrait être financée par la prochaine politique agricole commune.

Cette part pourra, bien sûr, être complétée par des financements nationaux, dont le cumul pourrait représenter une centaine de milliards pour la même période, espèrent les services de la Commission.

La suite est un peu plus spéculative. Bruxelles prévoit de mettre son programme InvestEU à contribution. Lancé en 2014, son mécanisme est connu: l’Europe met un peu au pot, mais surtout assure une garantie des investissements (pour 38 Md€), ce qui réduit considérablement le risque pour les investisseurs.

régions éligibles

Ainsi, Bruxelles espère lever près de 14 fois plus d’argent public et privé qu’elle n’en injectera. De quoi assurer 650 milliards d’euros d’investissements au cours des 7 prochaines années. Une petite moitié de cette manne (300 Md€) sera consacrée au climat.

La centaine de milliards manquants sera la somme de contributions de la Commission[1], d’organismes de financements nationaux (Caisse des dépôts en France, Kfw en Allemagne) et de la Banque européenne d’investissement, nouvellement convertie à l’économie verte. Ce dernier volet sera principalement affecté au mécanisme de transition juste, dont l’objet est de soutenir les régions qui devront produire les efforts les plus importants pour se décarboner.

Quelles sont-elles? C’est la question à plusieurs milliards d’euros à laquelle la Commission ne veut pas encore répondre. «L’établissement de cette liste sera le fruit d’un dialogue que nous mènerons avec les Etats membres jusqu'à la fin de l'année», indique-t-on à Bruxelles. Pour convaincre, les capitales devront établir des listes de régions sinistrées et présenter des programmes de diversification économique, déjà intitulés plans territoriaux de transition juste.

Si tout le monde peut, en principe, postuler, priorité sera donnée «aux régions dont l’intensité carbone de l’économie est importante, où l’emploi est très lié à l’exploitation des énergies fossiles et dont les revenus sont inférieurs à la moyenne européenne.» Ce ne sont pas les portraits crachés de la Silésie, de la Saxe ou du Brandebourg, mais cela pourrait y ressembler.



[1] Via son Fonds de transition juste doté de 7,5 milliards d’euros entre 2021 et 2027.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus