Combien pour la peau de l’ours?

Le 10 novembre 2004 par Loïc Chauveau
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La mort de Cannelle, dernière ourse de souche béarnaise a donné lieu à l’ouverture d’une information judiciaire par le parquet de Pau (Pyrénées-Atlantiques) vendredi 5 novembre. Le chasseur auteur du coup de feu est poursuivi pour «destruction d’espèce protégée». Il n’est pas sur que cela aboutisse à une condamnation.

Cannelle est le troisième ours abattu par des chasseurs depuis que le très faible nombre d'animaux impose une surveillance accrue des services de l'Etat via principalement les directions régionales de l'environnement (Diren) et les directions départementales de l'agriculture et des forêts (DDAF). Selon le récit de l'auteur du coup de feu, Cannelle aurait chargé bien que l'homme ait cherché à l'éviter. Après être tombé nez à nez avec l'animal lors d'une battue au sanglier, le chasseur a affirmé s'être réfugié dans un premier temps dans un dénivelé et avoir attendu une demi heure en espérant que l'ourse s'en aille. C'est en reprenant son chemin que Cannelle aurait chargé une seconde fois ce qui aurait obligé le chasseur à tirer.

Si ce récit est confirmé, il ne fonderait pas une condamnation. En 1999,le parquet de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) a ainsi classé sans suite le dossier concernant le jeune chasseur qui avait tué une ourse slovène en 1997. Melba venait d'être réintroduite dans le massif pyrénéen depuis moins de six mois. Les circonstances du tir sont très proches de celles relatées à Ourdos le 1er novembre dernier. Le chasseur s'était enfui dans un premier temps avant de tirer sur l'ourse par peur de se faire rattraper.

Il n'y a qu'un seul dossier récent de chasseurs ayant tué un ours ayant abouti à un procès. Mais les circonstances sont tout à fait différentes. Début 1997, un garde de l'Office national de la Chasse avait découvert des ossements d'un ours de souche béarnaise à 950 mètres d'altitude dans le secteur du Pic de Cristalère en Béarn. L'animal avait eu les pattes et la tête coupées. Ce qui avait amené pour la première fois en France, à l'ouverture d'une information judiciaire pour destructuction d'animal non domestique protégé. Les deux hommes n'ont été arrêtés que huit mois plus tard. Ils ont plaidé l'erreur de tir mais le fait que la tête et les pattes aient été prélevées pour vraisemblablement être vendues comme trophées a convaincu le tribunal du caractère délictueux de l'acte. Le 17 février 1999, le tribunal de Pau a condamné les deux chasseurs à près de 15.000 euros d'amendes et de dommages et intérêts. Leur permis de chasse leur a été retiré pour cinq ans. C'est à ce jour, la seule condamnation pénale répertoriée en France.


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