Combien nous coûte la pollution atmosphérique?

Le 19 mai 2015 par Aude Massiot
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Combien pour ce nuage?
Combien pour ce nuage?

La tâche de la commission d’enquête sénatoriale sur le coût économique et financier de la pollution atmosphérique est ardue. Elle se heurte en effet aux lacunes scientifiques.

 

Présidée par le sénateur Jean-François Husson (UMP) et ayant pour rapporteur Leila Aïchi (Europe Ecologie-les Verts), la commission auditionnait, le 18 mai, des membres de la société civile et des chercheurs.

A l’issue des débats de la journée, une chose est certaine: les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux. A la question «la pollution de l’air, combien ça coûte?», Francelyne Marano a sa réponse. La vice-présidente de la commission spécialisée Risques liés à l’environnement du Haut conseil de la santé publique estime que trop d’incertitudes scientifiques demeurent sur les liens entre la pollution de l’air et l’apparition de cancers ou de maladies cardiovasculaires, bien que de fortes suspicions existent. Dit autrement, Francelyne Marano ne peut répondre à la question des parlementaires.

 

Le retard français

Ce qui peut surprendre. Récemment, l’OMS et l’OCDE ont publié des estimations relativement précises du coût de la pollution atmosphérique. Ainsi, selon une étude publiée le 25 mars, la pollution de l’air aurait causé en 2012, dans le monde, 7 millions de décès prématurés, dont 3,7 millions pour la seule pollution de l’air extérieur. Pour l’OMS, la pollution atmosphérique est devenue le premier risque environnemental pour la santé humaine.

Tout cela n’est pas gratuit. Le 30 avril dernier, l’OMS, encore elle, publiait une étude chiffrant à 1.600 milliards de dollars (1.406 Md€) le coût sanitaire de la pollution de l’air pour la seule Europe. Pour la France, le montant de l’addition, moins lourd, n’est pas nul: 47 Md€, soit 2,3% du PIB. Aussi faramineux soient-ils, ces montants doivent probablement être revus à la hausse.

Frédéric Gonand, économiste à l’université Paris-Dauphine et co-auteur de La bataille de l’air, rappelle que ces études internationales ne prennent pas en compte l’ensemble des impacts sociétaux de la pollution atmosphérique. Selon lui, il faudrait aussi intégrer le montant des politiques publiques engagées, les pertes de rendement agricole dues à la pollution, l’usure des bâtiments et l’impact sur la biodiversité.

 



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