Combien coûte l’électron belge?

Le 29 avril 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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C’est le dernier débat qui passionne nos voisins, outre-Quiévrain. Pour boucler ses fins de budget, le gouvernement du roi Albert II taxe Electrabel, l’exploitant des centrales nucléaires belges, depuis 2008.

Le prétexte avancé alors par le gouvernement dirigé par Yves Leterme était simple: en amortissant les 7 réacteurs nucléaires en 20 ans plutôt qu’en 40, Electrabel avait réalisé une sacrée plus-value. Un bénéfice que Bruxelles a décidé de taxer.

Depuis trois ans, le fisc belge impose donc la filiale «nucléaire» de GDF Suez à hauteur de 250 millions d’euros par an.

Un montant qui n’est plus suffisant (le prix de l’électricité a augmenté depuis 2007!) aux yeux du gouvernement, démissionnaire mais toujours aux manettes.

Problème: sur quelles bases, désormais, évaluer la majoration de la taxe? Pour répondre à cette délicate question, deux institutions ont planché. D’un côté, la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (Creg, le gendarme des marchés belges de l’énergie, ndlr), de l’autre, la Banque nationale de Belgique (BNB).

Comme on pouvait le craindre, les deux organismes sont en total désaccord. Dans un rapport rendu mercredi 27 avril au gouvernement, la BNB estime que la majoration de la taxe pourrait osciller entre 220 et 353 millions €. De son côté, la Creg estime qu’elle ne peut pas être inférieure à une fourchette allant de 463 à 617 millions par an.

Sans surprise, les deux partis écologistes (Ecolo, côté wallon et Groen, côté flamand) soutiennent la position du régulateur. L’ancien secrétaire d’Etat à l’énergie (Ecolo), Olivier Deleuze estimant même que la taxe pourrait s’élever au total à 1,5 milliard € et diminuer «à mesure que les centrales fermeront».

Mercredi, le ministre des finances Didier Reynders a estimé qu’un doublement du montant actuel de la taxe (soit 500 millions €) pourrait être un bon compromis.

Incapable de trancher, le Premier ministre démissionnaire devrait demander à l’administration fiscale, cette fois, de refaire des calculs et de proposer un nouveau taux de taxation. GDF Suez n’est pas prêt de voir son impôt nucléaire augmenter.

 


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