Collecte de biodéchets : les hypermarchés dans les starting-blocks

Le 23 décembre 2011 par Stéphanie Senet
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La collecte des biodéchets démarre doucement en France à partir du 1er janvier 2012. Cette nouvelle obligation de tri, fixée par l’article 204 de la loi Grenelle II, ne concerne que les gros producteurs. Elle doit s’étendre progressivement jusqu’en 2016.

Sur la ligne de départ, on trouve en première position les hypermarchés et leurs invendus, puis les industriels de l’agroalimentaire et leurs rebuts de fabrication, les gros restaurants collectifs et leurs restes, les plus grands marchés alimentaires et les services d’entretien des espaces verts.

 
Tous produisent des « biodéchets » en grandes quantités, c’est-à-dire «des déchets biodégradables de jardin ou de parc, des déchets alimentaires ou de cuisine issus des restaurants, des traiteurs, des magasins de vente au détail ou des usines de transformation de denrées alimentaires» selon la définition de la directive-cadre de 2008.
 
Le tri à la source doit permettre d’augmenter la valorisation, et donc de limiter les émissions de gaz à effet de serre et de à favoriser le retour au sol grâce au compostage.
 
Mais qu’est-ce qu’un gros producteur ? La question a été réglée par l’arrêté du 12 juillet 2011 qui fixe des seuils dégressifs. Des seuils qui ont d’ailleurs été relevés par le ministère. En 2012, la réglementation vise celui qui produit au moins 120 tonnes de biodéchets par an ou 1.500 litres de déchets d’huiles alimentaires par an. «Pour les huiles alimentaires, l’arrêt officialise une pratique déjà en vigueur conformément à la législation sur l’eau» nuance Philippe Thauvin, ingénieur au service prévention et gestion des déchets à l’Agence de l’environnement et de maîtrise de l’énergie (Ademe).
 
La mise en place de la collecte étant progressive, les producteurs de plus de 80 tonnes annuelles de biodéchets devront s’y plier en 2013, puis le seuil s’abaisse à 40 tonnes en 2014, 20 tonnes en 2015 et 10 tonnes en 2016.
 
Il faut noter que certains biodéchets sont exclus de l’obligation de collecte (décret du 11 juillet 2011), comme les liquides (autres que les huiles) ou les déchets de taille ou d’élagage qui font déjà l’objet d’une valorisation énergétique.
 
Enfin, la circulaire d’application se fait toujours attendre. Elle devrait être publiée en janvier selon l’Ademe.
 
Deux écueils devront toutefois être évités, selon Philippe Chauvin. «Sans une certaine qualité de tri, la valorisation ne sera pas efficace. Il faut donc une bonne traçabilité de la part des prestataires de collecte, afin de savoir à quoi sont destinés les biodéchets. De plus, la France compte encore peu de plates-formes de traitement. Leur système économique est fragile mais c’est un nouveau marché qui est en train de se former» explique-t-il.
 
Quelques opérations ponctuelles ont déjà vu le jour au sein de la grande distribution, dont les produits invendus ou périmés représentent entre 25 et 50% des déchets en tonnages, selon Sophie Gillier de Perifem (association technique du commerce et de la distribution).
Ces expériences ont mis en avant l’importance des emballages (40% des biodéchets sont des produits emballés), ce qui a des conséquences sur leur traitement (désemballage manuel) et offre une raison de plus pour les réduire à la source. Autre spécificité : ces déchets sont méthanogènes (à cause de la teneur en graisse et en sucre). Selon elle, le lancement de leur valorisation permettra d’augmenter en moyenne de 20% la valorisation globale des déchets de la grande distribution. La réglementation française de juillet 2011 ne précise quant à elle aucun objectif précis.


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