CO2 : peut-être le début du déclin ?

Le 14 juin 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le début de la fin ? La réponse se trouve en partie en Chine.
Le début de la fin ? La réponse se trouve en partie en Chine.
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Les émissions énergétiques de gaz carbonique sont stables depuis trois ans, indique BP dans son dernier rapport annuel sur l’énergie, publié mardi 13 juin.

2016 fut un cru énergétique intéressant. Initiée par le développement accéléré des pays non-OCDE, la demande de kilowattheures (kWh) a, certes, progressé, mais à un rythme moindre que durant la précédente décennie.

L’an passé, indique BP dans son rapport énergétique annuel, la planète a globalement accru d’un petit pourcent ses consommations, contre +1,8% observé en moyenne ces 10 dernières années.

Faible prix du pétrole

La faiblesse des prix du pétrole[1] aidant, notre appétit d’or noir s’est apprécié pour la seconde année consécutive de 1,6%; mieux que durant la dernière décennie (+1,2% en moyenne annuelle).

Bonne année aussi pour les gaziers australiens et iraniens qui ont fortement accru leurs exportations de gaz naturel liquéfié. Il fallait, il est vrai, compenser la chute de la production américaine: -21 milliards de mètres cubes. Globalement, la demande mondiale de gaz naturel a progressé de 63 Mdm3: +1,5%. Cette fois, on est à 0,8% en deçà du rythme annuel de croissance.

Moins de charbon

C’est évidemment la poursuite de la baisse de la consommation de charbon qui suscite l’intérêt principal. Pour la seconde année consécutive, la demande mondiale se contracte: de 1,7% en 2016. En cause: la poursuite de la conversion au gaz et aux renouvelables des électriciens américains et britanniques. Le Royaume-Uni a pratiquement cessé de consommer du charbon: du jamais vu depuis 1750.

Négligeable. Sortie de l’Accord de Paris ou pas, les Etats-Unis ne feront pas repartir à la hausse la tendance carbonique mondiale. Les dernières baisses des émissions sont imputables aux pays en développement, pas aux pays de l’OCDE ni aux USA, rappelle Spencer Dale. Aux USA, les électriciens ont remplacé plus de 20 gigawatts (GW) de centrales au charbon entre 2015 et mi-2016 par des installations au gaz, solaires ou éoliennes. Outre-Atlantique, le déclin de King Coal est irréversible.

Moins anecdotique: la restructuration en cours du secteur charbonnier chinois, le plus important de la planète. Pour accélérer sa transition énergétique, Pékin a fermé de nombreuses mines et limité à 276 par an le nombre de jours de production. Conséquence: une production chinoise en baisse de 8%.

Structurel ou conjoncturel?

Couplé à une forte croissance des énergies renouvelables (+15,6% pour l’éolien et +30% pour le solaire), ce manque d’appétence pour le charbon n’est pas sans effet sur le climat. Pour la troisième année consécutive, les émissions mondiales de CO2 restent stables, à plus de 33 milliards de tonnes. On est loin de ces (dernières) années, où les rejets carbonés bondissaient de plus de 2,5% par an.

Structurel ou conjoncturel? C’est la question à laquelle les climatologues peinent à répondre. Certes, rappelle Spencer Dale, le PIB mondial, de moins en moins entrainé par l’empire du Milieu, n’a progressé que de 3% (sa plus faible performance depuis 2002).

Mais la volonté manifestée par les autorités chinoises de réduire leur dépendance au charbon, conjuguée au boom des énergies vertes dans les pays industrialisés et les nations émergentes semblent indiquer un début de décarbonation des secteurs énergétiques. «Il y a de bonnes raisons de penser que certains des facteurs d’amélioration du bilan carbone chinois sont structurels et qu’ils sont là pour durer», résume l’économiste en chef de BP.

 



[1] Avec un prix moyen de 43 $ le /baril, le prix 2016 du pétrole est le plus bas observé depuis 2004.

 



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