CO2 des autos: la France et l'Allemagne proches d'un accord

Le 04 mars 2008 par Claire Avignon
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Après un Conseil Environnement où tout les a opposées, l'Allemagne et la France ont annoncé un accord sur la question des réductions des émissions de CO2 des voitures au sein de l'UE par la voix de leurs dirigeants Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Le président français a parlé d'une «position commune de la France et de l'Allemagne dans les jours qui viennent.»

Les Etats membres liés aux groupes automobiles spécialisés dans les voitures de petite et moyenne gammes se sont opposés, lors du Conseil Environnement du lundi 3 mars, aux pays proches des gros constructeurs. En jeu: les modalités proposées par la Commission pour parvenir à une moyenne de 120 grammes de CO2 par kilomètre pour les voitures mises sur le marché dès 2012, et l'effort que devra fournir chaque constructeur automobile. Ainsi, la France (Renault, PSA), l'Italie (Fiat) et la Roumanie (Dacia-Renault) jugent que la proposition de la Commission pénaliserait par trop les constructeurs de modèles plus petits et donc moins polluants, selon l'AFP. Ils sont soutenus par les Pays-Bas. Pour des raisons opposées, la Suède (Saab), l'Allemagne (BMW, Mercedes, Volkswagen, Porsche), appuyée par les pays qui montent les automobiles de ses constructeurs, comme l'Autriche, la République tchèque (Skoda), la Hongrie et la Slovaquie, ont également rejeté la proposition de la Commission.

«Il faut éviter de pénaliser certains constructeurs de manière disproportionnée», a estimé lors du débat le ministre allemand chargé de l'environnement, Matthias Machnig. De son côté, Jean-Louis Borloo, le ministre français chargé de l'environnement a souligné qu'«il [était] difficile d'accepter que des voitures plus lourdes, donc plus puissantes, aient un droit à émettre plus que les autres.

La moyenne la plus récente disponible pour les émissions du parc automobile en circulation en Europe, qui remonte à 2004, se situe à 163 grammes par kilomètre parcouru. Des amendes de plus en plus élevées au fil du temps frapperont les constructeurs dont la flotte dépassera en moyenne un seuil d'émission de 120 grammes de CO2. Ces amendes commenceront ainsi à 20 euros par gramme par kilomètre excédentaire en 2012 pour monter à 30 euros en 2013, 60 euros en 2014 et jusqu'à 95 euros à partir de 2015, un chiffre jugé inacceptable par les constructeurs automobiles.

La mise en place d'alliances entre constructeurs sous forme de 'pools', qui pourraient associer un fabricant de modèles peu polluants à un constructeur de voitures plus puissantes, afin d'atteindre la moyenne à eux deux sur le principe du rachat des permis de polluer, fait également l'objet d'une contestation. Enfin, certains pays veulent reporter à 2015 l'entrée en vigueur de la nouvelle norme tandis que de nombreux États membres veulent que l'on fixe déjà un objectif pour 2020 pour que les constructeurs puissent programmer leurs investissements. Les Pays-Bas ont ainsi suggéré que l'Union européenne se fixe un objectif de 80 grammes par kilomètre en 2020.

Le Royaume-Uni, lui, a une priorité: exempter de ces règles les constructeurs qui fabriquent moins de 10.000 voitures par an pour «sauver» les Bentley et autres Rolls Royce.




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