CO2 : après la pause, la reprise

Le 13 novembre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les émissions mondiales de CO2 ont progressé de 2% entre 2016 et 2017.
Les émissions mondiales de CO2 ont progressé de 2% entre 2016 et 2017.
Global Carbon Budget

Après trois années consécutives de stabilité, les émissions anthropiques repartent à la hausse en 2017, indique la dernière étude du Global Carbon Project.

 

C’est, peut-être, un manque d’eau qui est responsable d’un nouveau pic d’émission mondiale de carbone. Ce lundi matin, le Global Carbon Project n’apporte pas de bonne nouvelle climatique. Selon le réseau international de climatologues, les émissions anthropiques de CO2 devraient croître et 2% entre 2016 et 2017.

41 milliards de tonnes de gaz carbonique

A la fin de l’année, estime Corinne Le Quéré (université d’East Anglia) et ses collègues, production et consommation d’énergie et fabrication de ciment devraient avoir rejeté 41 milliards de tonnes de gaz carbonique, effets de la déforestation inclus. De quoi propulser à plus de 405 parties par million (ppm) la concentration atmosphérique de dioxyde de carbone, contre 403 ppm l’année précédente.

accord de Paris hypothéqué

Ce record, qui égale celui de 2015, hypothèque un peu plus nos chances de stabiliser le réchauffement à 2°C, voire à 1,5°C, comme l’exige pourtant l’accord de Paris. À ce rythme, nous aurons épuisé notre crédit carbone (pour les 2°C) vers 2037. Si nous rabaissons nos ambitions à 3°C, notre réservoir sera à sec autour de 2069.

 

-0,2%. C’est la piètre performance climatique de l’Union européenne, entre 2016 et 2017.

C’est essentiellement la sécheresse en Chine qui explique les mauvais résultats de l’année. Malgré la difficulté à obtenir des statistiques fiables, les émissions du premier émetteur mondial (29% des rejets planétaires de CO2) devraient bondir de 3,5%, par rapport à l’année passée. Elles avaient probablement baissé, ces deux dernières années.

 

En cause, une consommation croissance de charbon (+3%), de pétrole (+5%) et de gaz (+12%). Cette demande inattendue d’énergie fossile est probablement imputable à une baisse de la production d’hydroélectricité chinoise, inévitable conséquence d’un manque de pluie. Inévitable conséquence aussi de ces dizaines de GW éoliens et solaires qui ne sont pas raccordés au réseau d’électricité. Certaines études estiment qu’une centrales à énergie renouvelable sur cinq produit dans le vide.

Hexagone. La France, de son côté, a vu ses émissions progresser de 1,7% l'an dernier.

 

La conjoncture indienne

Autre mauvais élève : l’Inde. Les émissions carbonées de la plus grande démocratie du monde ont progressé de 2% entre 2016 et 2017: un rythme trois fois inférieur à celui observé durant la dernière décennie. Début de décarbonation massive ou effet conjoncturel ? Plutôt la seconde proposition. En novembre 2016, le gouvernement fédéral a démonétisé une partie de la monnaie en circulation, faisant sensiblement reculer la consommation. Et la demande d’énergie. «Les émissions devraient retrouver leur niveau précédent une fois que ces effets se seront estompés», notent les chercheurs.

Baisse américaine

N’en déplaise au président Trump, les Etats-Unis réduiront de 0,4% leurs rejets carbonés, entre 2016 et 2017. Et ce malgré une petite relance (+0,5%) de la demande de charbon: une première depuis 5 ans. Celle-ci a été largement compensée par une production en forte hausse des centrales hydroélectriques (+12%), des parcs éoliens (+8%) et des centrales solaires (+36%).

Plus que jamais, le renforcement des politiques climatiques nationales s’avère nécessaire pour stabiliser le réchauffement aux niveaux imposés par l’accord de Paris.



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