Clostridium difficile, nouveau pathogène alimentaire?

Le 09 octobre 2013 par Romain Loury
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L'eau serait aussi porteuse de la bactérie C. difficile
L'eau serait aussi porteuse de la bactérie C. difficile

Seuls 19% des cas d’infection par la bactérie Clostridium difficile trouvent leur origine à l’hôpital, ce qui vient un peu plus étayer l’hypothèse d’autres types de transmission, notamment alimentaire, selon une étude britannique publiée dans le New England Journal of Medicine (NEJM).

Première cause de diarrhée nosocomiale, l’infection par C. difficile survient principalement chez des personnes âgées hospitalisées et traitées par antibiothérapie -traitement qui peut provoquer un déséquilibre intestinal favorisant ce pathogène. Tout porte cependant à croire que la bactérie ne se contracte pas seulement à l’hôpital, selon l’étude publiée par David Eyre, de l’hôpital John Radcliffe d’Oxford, et ses collègues.

Selon leur comparaison de 1.223 séquences génétiques de C. difficile, isolée chez autant de personnes tombées malades entre 2007 et 2011 dans l’Oxfordshire, 45% d’entre eux ne présentent aucune parenté génétique avec des cas antérieurs. Ce qui laisse penser soit à une contamination par des personnes porteuses de la bactérie mais non malades [1], soit via «un réservoir environnemental», avancent les chercheurs.

Sur l’ensemble des 1.223 séquences, seules 19% relevaient du cas de figure généralement admis, celui d’une contamination à l’hôpital par contact, direct ou indirect, avec une autre personne tombée malade. Parmi les séquences présentant une parenté génétique avec un cas antérieur, 36% demeuraient sans explication épidémiologique: aucun contact à l’hôpital ou chez un généraliste, ni la même commune de résidence.

C. difficile détectée sur la viande

Parmi les «réservoirs environnementaux» potentiels de la bactérie, les chercheurs citent l’eau, les animaux d’élevage ou domestiques, l’alimentation. Si rien n’est bien établi à ce sujet, cette dernière hypothèse a plusieurs fois été évoquée, et quelques éléments semblent aller dans ce sens. Notamment le fait que C. difficile, retrouvée dans l’intestin de plusieurs espèces animales, l’est aussi dans la viande.

En 2010, une équipe française faisait ainsi état de sa présence sur 1,9% des 105 échantillons de viande hachée analysés. Un taux plutôt bas, alors que ce chiffre s’élèverait jusqu’à 21% au Canada et 50% aux Etats-Unis. A ce jour, aucune infection alimentaire liée à C. difficile n’a cependant été confirmée, et sa dose infectieuse par cette voie n’est pas connue.

[1] On estime que 3% à 5% de la population serait porteuse asymptomatique de C. difficile.



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