"Climator" dévoile les impacts du changement climatique sur l’agriculture

Le 18 juin 2010 par Célia Fontaine
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L’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et Arvalis-Institut du végétal ont présenté lors d’un colloque le 18 juin les résultats du projet Climator. Ce projet vise à élaborer des outils et à produire des références pour analyser l’impact du changement climatique sur les systèmes agricoles et forestiers. Il a été financé par l'Agence nationale de la recherche (ANR), dans le cadre du programme Vulnérabilité, milieux et climat (VMC). Pendant trois ans, 17 équipes de 7 instituts et organismes ont travaillé ensemble, associant des disciplines variées : climatologie, agronomie, écophysiologie, bioclimatologie, sciences du sol… 

De manière générale, les chercheurs relèvent que l’augmentation de la température et de la concentration en CO2, ainsi que la diminution des précipitations, auront une influence sur plusieurs facteurs déterminants pour les cultures, les forêts et l’environnement (alimentation des nappes phréatiques en particulier). Ils ne concluent toutefois pas à un impact uniforme sur les cultures.

Lors de la présentation des méthodes et des résultats du projet, il a été rappelé que les évolutions liées au changement climatique sont déjà perceptibles dans les calendriers agricoles (anticipation des dates de floraison des arbres fruitiers et des vendanges par exemple), et sont mises en avant pour expliquer la stagnation des rendements du blé. Cependant, il a été précisé que « l’hétérogénéité spatiale des bouleversements climatiques annoncés et la diversité des plantes cultivées rendent impossible tout pronostic généraliste ».

Pour appréhender la diversité des climats français, 13 sites répartis sur l’ensemble du territoire français ont été choisis, dont un situé en moyenne montagne et un autre en Guadeloupe. Les résultats ont été obtenus en enchainant des simulations climatiques à l’échelle globale, puis régionale, avec des modèles agronomiques et forestiers. « Ces modèles ne sont pas parfaits puisque la connaissance des systèmes climatiques et agricoles est imparfaite », prévient Nadine Brisson, de l’unité Climat, sol et environnement, de l’Inra Avignon.

D’après les modèles, le changement climatique se traduira non seulement par une augmentation de température (de 1,6 à 3°C selon le lieu et la période de temps considérés), mais également par une diminution des précipitations, surtout au printemps et en été, et dans le Sud-ouest. « Les simulations effectuées indiquent que cette modification du climat ne provoquera pas une évolution univoque dans les 13 sites étudiés : ni dégradation, ni amélioration généralisées », explique Nadine Brisson.

 Les résultats montrent une grande spécificité des sites et/ou des cultures dans leur réponse au climat. En revanche, différents facteurs qui ont une incidence certaine sur ces cultures seront sensiblement modifiés : bouleversement des stades de croissance de la plante, disponibilité des ressources en eau, santé des plantes. Par exemple, la situation est très préoccupante pour le maïs irrigué dans le Sud-ouest qui, même avec une augmentation de l’irrigation, verra son rendement diminuer à cause du raccourcissement de son cycle. Pour compenser, il faudrait recourir à des variétés à cycle très long. Mais cela augmenterait encore les besoins en irrigation, alors que la recharge des nappes phréatiques baissera inéluctablement.

Mais le projet relève aussi des évolutions favorables : grâce à l’augmentation de la température, les espèces estivales, comme le maïs, le sorgho ou le tournesol, pourront être plus facilement cultivées dans le nord de la France et en moyenne montagne. De même, la zone de culture de la vigne pourra être étendue. « L’accélération des rythmes de croissance des plantes permettra aux cultures d’hiver, et en particulier aux céréales, d’échapper en partie aux stress hydriques et thermiques de fin de cycle ».



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