Climatisation: des conséquences inattendues pour le secteur électrique européen

Le 29 août 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Rafraîchir tout en produisant de l'électricité : l'avenir européen ?
Rafraîchir tout en produisant de l'électricité : l'avenir européen ?

Le réchauffement fera évoluer les consommations d’électricité différemment selon les régions d’Europe. Une situation à laquelle les électriciens et les gestionnaires de réseaux devront s’adapter, souligne une étude publiée par les Comptes rendus de l’Académie américaine des sciences (Pnas).

C’est l’une des grandes craintes des électriciens. Sous l’effet du réchauffement climatique, la demande de kilowattheures (kWh) pourrait fortement s’accroître en raison de l’équipement croissant en systèmes de climatisation, forcément énergivores.

Plus de centrales de pointe

La réalisation d’un tel scénario obligerait les industriels à augmenter leurs capacités de production (de pointe, surtout) et leurs capacités de transport et de distribution d’électricité. En gros: plus de centrales et de lignes. Des investissements colossaux et pas forcément très rentables: les centrales de pointe ne fonctionnent (aujourd’hui) que quelques jours par an. D’où la récente ouverture d’un marché français de capacités.

Plus de climatiseurs

Notre futur électrique sera sans doute plus subtil, estiment trois chercheurs. Dans l’étude qu’ils publient dans les Pnas Leonie Wenz (Institut de Postdam pour la recherche sur le changement climatique), Anders Levermann (Institut de physique de Postdam) et Maximilian Auffhammer (université de Californie) minorent l’impact sur la consommation d’électrons de la banalisation de l’usage des climatiseurs.

En s’appuyant sur les pics de consommation observés dans 35 pays d’Europe (dont la France), entre 2006 et 2012, et sur deux scénarios climatiques du Giec[1] les scientifiques évaluent les futurs pics de la demande d’électricité.

Sobriété scandinave

Première surprise, la consommation de kWh restera à peu près stable sur le marché européen de l’électricité. Analyse qui rejoint celle des énergéticiens. Régionalement, il en va tout autrement. Dans les pays du Nord, où la montée en température sera moindre qu’au sud, on assistera à la fin du siècle à une réduction (de 6% en Suède et de 2% en Norvège) des puissances appelées pendant les heures de pointe.

Gourmandise méditerranéenne

L’histoire sera tout autre dans les pays du pourtour méditerranéen, soumis à des températures estivales très élevées: +7% pour l’Espagne et +4 à 5% pour la France. Le pompon étant détenu par la Serbie: +10%. Les électriciens devront s’adapter à cette nouvelle donne, notamment ceux dont le parc de production contient de fortes proportions de modes de production intermittents (éolien, photovoltaïque).

 

Autre modification à laquelle les énergéticiens devront se soumettre: les périodes de pointe changeront de saison. Actuellement, les consommateurs de 30 des 35 pays étudiés consomment le plus d’électrons durant les soirées les plus froides de l’hiver, pour le chauffage et l’éclairage.

L’été de tous les pics

Dans le scénario tendanciel, plus de la moitié des pays européen (19 sur 30) verront migrer les heures des plus fortes consommations vers les heures les plus chaudes de l’été. Ce qui pourrait réduire l’intérêt économique des barrages hydroélectriques. Ces derniers sont majoritairement utilisés pour assurer les pointes de l’hiver (très rémunératrices pour l’exploitant), saison où leur lac de retenue a, en principe, été rempli par les pluies de l’automne. Cette évolution obligera aussi les exploitants de centrales thermiques à réviser leur programme de production. Plus question de concentrer les opérations de maintenance durant la période estivale!

 

L’étude de Wenz, de Levermann et Auffhammer souffre de quelques biais. Elle n’intègre pas l’évolution technologique (les climatiseurs de 2050 consommeront sans doute bien moins d’électrons que leurs lointains cousins d’aujourd’hui). La taille de la population européenne restera stable durant ce siècle. Les Méditerranéens réagiront aux conséquences du réchauffement de la même façon que



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