Climate Chance examine les engagements des acteurs non étatiques

Le 29 novembre 2019 par Stéphanie Senet
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Ronan Dantec et Bettina Laville ont présenté le nouveau bilan de l'Observatoire Climate Chance
Ronan Dantec et Bettina Laville ont présenté le nouveau bilan de l'Observatoire Climate Chance

L’Observatoire Climate Chance a publié, ce 28 novembre, son 2ème bilan de l’action climatique des acteurs non-étatiques. Un opus confirmant les forces contradictoires à l’œuvre dans les transports, le logement ou l’énergie.

Un pas en avant, un pas en arrière. Tel est, en résumé, le scénario climatique 2019 des acteurs non étatiques:collectivités locales, entreprises, associations. «Si des progrès ont été enregistrés en matière d’efficacité énergétique dans les transports et le bâtiment, leurs effets ont été quasiment annulés par la croissance de la population, du bâti et la demande en énergie des classes moyennes émergentes via la climatisation notamment», résume Dominique Pialot, nouvelle déléguée générale de l’association.

Autrement dit: les réseaux de transports en commun et les modes de déplacement doux peuvent se développer, ils n’empêchent pas les ventes de SUV d’exploser… Une cacophonie qui n’est d’ailleurs pas réservée aux acteurs non étatiques. Le gouvernement britannique s’engage, par exemple, à cesser la consommation du charbon d’ici à 2025 tout  en autorisant l’ouverture de la mine de charbon de Woodhouse, dans le comté de Cumbria.

Le chaud et le froid en même temps

Même paradoxe pour les énergies renouvelables. Si elles poursuivent leur développement soutenu, avec 13% de capacités supplémentaires installées et pèsent désormais 24,5% de la production de l’électricité mondiale, elles sont toujours talonnées par le charbon. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les ENR devraient toutefois arriver en tête de toutes les énergies avant 2040.

Une année de mutation et de mobilisations

«Nous nous trouvons dans une année de mutation, entre les engagements pris pour 2020 et ceux qui vont être annoncés pour 2030», observe Ronan Dantec, président de l’association Climate Chance. Une référence aux négociations climatiques internationales puisque la réévaluation à la hausse des engagements étatiques est attendue au plus tard fin 2020, lors de la COP26 qui se tiendra à Glasgow.

Pressées, plusieurs organisations de la société civile ont toutefois accru leur pression sur les gouvernements pour accélérer le rythme. Extinction Rebellion multiplie les blocages dans la rue, Youth for Climate organise des journées de grève pour le climat, et des associations comme Notre affaire à tous déposent des recours judiciaires contre l’Etat au nom de sa responsabilité climatique.

Pression sur les Etats

La tâche de Climate Chance est ardue. Comment évaluer au mieux des actions d’atténuation et d’adaptation éparpillées à travers le monde lorsqu’elles ne sont fédérées par aucun organisme ? L’association a fait le choix de dégager de grandes tendances sectorielles et de publier des cas d’étude symboliques, dont 13 collectivités à travers le monde (Grenoble en France, la région andalouse en Espagne, celle de Souss-Massa au Maroc, Santiago du Chili, Larnaca à Chypre, etc). Et son rapport fourmille d’informations utiles, en particulier pour les collectivités ou groupements qui souhaitent faire avancer leur stratégie climatique, avec un nouveau chapitre dédié à l’adaptation. L’association compte aussi faire pression sur les Etats pour les pousser à revoir à la hausse leurs engagements climatiques. «Avec ces travaux, nous voulons permettre à la société civile d’engager un dialogue avec les responsables nationaux sur la réalité de leurs engagements», conclut Ronan Dantec.



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