Climat: vers la création d’un fonds d’aide aux pays pauvres?

Le 27 mai 2009 par Sabine Casalonga
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La seconde réunion préparatoire du Forum des économies majeures sur l'énergie et le climat (MEF) s’est achevée hier à Paris, sur des avancées en matière de soutien financier aux pays pauvres mais sans progrès sur un accord en termes d’objectifs de réduction des de gaz à effet de serre (GES).

Le MEF regroupera le 10 juillet en Italie les 17 pays représentant 80% des émissions mondiales de GES (1), pour préparer la réunion onusienne de Copenhague de décembre 2009 visant à établir un accord post-2012 pour succéder au protocole de Kyoto.

Le ministre chargé de l’environnement Jean-Louis Borloo a affirmé que la réunion avait permis d'avancer sur le financement d'une aide de 100 milliards de dollars par an destinée à aider les pays en développement. La proposition, faite par le Mexique, de création d’un fonds mondial abondé par les pays en fonction de leur niveau d'émission actuel et passé et de leur poids économique aurait selon lui fait l’objet d’un consensus. Un point de vue toutefois contesté. «La discussion était crispée, il est difficile de dire comment la proposition mexicaine a été reçue. Est-ce la stratégie de Borloo d’exprimer de grandes choses pour les forcer?», a indiqué Damien Demailly, chargé de l’action climat au WWF, lors d’un point presse mercredi 27 mai. «La proposition mexicaine n’est pas chiffrée, mais repose sur une contribution universelle. Quel calcul? Quel mécanisme pour lever les fonds? On ne sait pas», a également tempéré Emmanuel Guédrin, chargé climat à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri).

Todd Stern, l'envoyé spécial des Etats-Unis pour le climat, jugait hier à l'issue du MEF la proposition mexicaine «hautement constructive», tout en soulignant qu'elle devrait être examinée «en détail».

En revanche, les divergences persistent sur les objectifs de réduction des émissions de GES. Tout en saluant le retour des Etats-Unis dans les négociations, la France et l’Allemagne ont jugé insuffisant leur engagement –réduction de 17% de leurs émissions de 2005 d’ici 2020 (43% d’ici 2030) selon le «Clean Energy and Security Act», approuvé le 21 mai par le comité Energie et Commerce du Congrès américain. L’Union européenne s’est engagée à réduire de 20% (30% en cas d’accord international ambitieux) ses émissions en 2020 par rapport au niveau de 1990.

Todd Stern, a défendu les ambitions américaines -de moins 5% à moins 6% de GES en 2020 par rapport à 1997- jugeant le niveau d’effort similaire à celui de l’Europe. «Vu la situation actuelle des Etats-Unis , notre position est extrêmement ambitieuse. Nous sommes le seul pays à mettre en place une politique contraignante dans la durée à l'horizon 2020, mais aussi 2040, 2050». Il a estimé que l’obtention d’un accord entre les Etats-Unis et l’UE n’était pas fondamentale. «Je ne pense pas que nous aurons les mêmes chiffres et je ne pense pas que ce soit nécessaire».

La prochaine réunion préparatoire du MEF aura lieu du 22 au 23 juin à Mexico.

(1) Les pays du G8 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Canada et Russie), 5 économies émergentes (Chine, Inde, Brésil, Mexique et Afrique du Sud) ainsi que l'Australie, la Corée du Sud, l'Indonésie et le Danemark. Les Nations unies et l’UE y sont également représentées


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