Climat: une priorité glissée sous le tapis

Le 18 avril 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les candidats n'ont pas compris l'ampleur du problème climatique.
Les candidats n'ont pas compris l'ampleur du problème climatique.
NASA/GISS

La lutte contre le changement climatique n’est, en aucun cas, une priorité pour les candidats.

Comme il est loin le temps de la COP 21. Ces derniers jours de 2015 où la classe politique, presque unanime, saluait l’issue positive du sommet Climat du Bourget. Bien sûr, la lutte contre le réchauffement climatique reste présente dans la plupart des programmes, mais souvent de façon anecdotique.

Suppression du capitalisme

Elle n’évoque pas le sujet, mais on peut aisément imaginer la réponse qu’apportera Nathalie Arthaud à la question climatique: «suppression du capitalisme». Une solution radicale que la championne de Lutte Ouvrière applique quasiment à tous les problèmes. Bien pratique d’avoir ainsi réponse à tout.

Son voisin de lutte, Philippe Poutou, est à peu près sur la même ligne. Présenté par le Nouveau Parti Anticapitaliste, l’autre candidat trotskyste estime que «ce n’est pas dans les ministères qu’on sauvera le climat, mais dans la rue, dans les luttes, toutes et tous ensemble.» Ouais, ouais.

Diable dans les détails

Aux trotskos répondent les ‘réalos’. Benoît Hamon (PS), François Fillon (LR) et Emmanuel Macron (En Marche!) soutiennent la politique européenne Energie Climat et ses déclinaisons nationales. Ces trois candidats préconisent aussi –via des mécanismes divers- d’alourdir le coût de l’émission de gaz à effet de serre (taxe carbone, contribution Climat Energie, taxe sur le transport de fret). C’est évidemment dans les détails que le diable se niche. François Fillon laisse toutefois augurer que la taxation du carbone n’a de sens qu’au niveau mondial.

Partenariat avec la Chine

Ce n’est pas faux. Mais il faudra plus d’une mandature pour en tracer l’esquisse. Pour mémoire, 18 ans de négociations ont été nécessaires pour signer l’Accord de Paris. Prenant acte du revirement stratégique des Etats-Unis, Emmanuel Macron imagine bien conclure un partenariat climatique avec la Chine. Proposition émise au début de l’année par l’ancienne ambassadrice au climat, Laurence Tubiana. Benoît Hamon annonce que les lois de finances (à la fin de son mandat) devront être conformes aux objectifs de la COP 21. Gare aux subventions à la consommation d’énergies fossiles!

Menaces sur l’ETS

On trouve aussi des allergiques aux mécanismes économiques. Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) est de ceux-là. L’homme aux hologrammes veut ainsi mettre un terme au marché communautaire de quotas d’émissions (ETS), jugé inefficace, sans qu’on sache très bien comment il régulera les rejets de GES de l’industrie lourde. François Asselineau veut lui aussi «abandonner le système de marché du carbone européen» qu’il juge «complexe et défaillant». A la place, l’ancien haut fonctionnaire prévoit de «renforcer significativement» la contribution Climat Energie, avec des mesures d’accompagnement à la clé.

Nous trouvons aussi quelques réfractaires. Marine Le Pen (FN) milite purement et simplement pour la sortie de l’Accord de Paris, «accord bancal et inexploitable». Pour le reste, on ne sait pas. Pas plus que ce que suggère Jacques Cheminade. Logique, le leader de Solidarité et Progrès est plutôt du genre climato-sceptique.

 



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