Climat: troisième accord américano-chinois

Le 01 avril 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Xi Jinping et Barack Obama: toujours au diapason climatique.
Xi Jinping et Barack Obama: toujours au diapason climatique.
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Washington et Pékin font pression sur les pays réticents à signer l’accord de Paris. Les deux capitales vont aussi renforcer leur coopération sur l’aviation et les HFC.

Cela devient une habitude. Pour la troisième fois en 16 mois, Washington et Pékin ont conclu un accord sur le climat. Jeudi 31 mars, la Maison blanche a annoncé, par voie de communiqué, que les deux grandes puissances allaient signer l’accord de Paris, lors de la cérémonie onusienne du 22 avril prochain.

Marché du carbone aérien

Les présidents Obama et Xi Jinping indiquent que leur gouvernement vont renforcer leur coopération pour faire adopter un amendement au protocole de Montréal (sur la couche d’ozone stratosphérique) pour réduire l’utilisation et la fabrication des HFC, de très puissants gaz à effet de serre. La Chine et les Etats-Unis militent aussi pour la création prochaine par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) d’un marché mondial de quotas d’émission dédié à l’aviation commerciale. Une initiative commune sur le climat et les énergies décarbonées devrait être dévoilée lors du sommet du G20 de Hangzhou (Chine), en septembre prochain.

Faite en marge d’un sommet international sur la sécurité à Washington, cette annonce a pour objectif d’encourager les réticents à faire de même. Dans un courrier récemment adressé aux gouvernements des pays en développement, une ONG malaise leur suggère, en effet, de ne pas signer tout de suite l’accord conclu à l’issue de la COP 21.

Ne pas signer trop vite

Rappelant que l’accord de Paris n’entrera en vigueur qu’après avoir été ratifié par 55 pays à l’origine de l’émission de 55%, au moins, des émissions de GES anthropiques, Third World Networld (TWN) propose d’utiliser la période durant laquelle le texte pourra être signé (un an à partir du 22 avril) pour obtenir des pays les plus industrialisés qu’ils respectent leurs engagements. «Ne pas signer maintenant, c’est maintenir la pression sur les pays développés», écrit l’association.

TWN demande notamment que tous les pays riches ratifient l’amendement de Doha au protocole de Kyoto, qu’ils publient la feuille de route des fameux 100 milliards par an à partir de 2020, et qu’ils améliorent la gouvernance du fonds vert pour le climat.

L’appel de TWN sera-t-il entendu? Possible. Pour autant, il ne devrait pas entraver la mise en œuvre de l’accord de Paris (ce qui n’est d’ailleurs pas le but de l’association). Ensemble, la Chine et les Etats-Unis émettent environ 40% des GES anthropiques. Et l’ONU attend plus de 120 signatures de chefs d’Etat ou de gouvernement dès le 22 avril prochain.

Guéguerre franco-française

Pendant ce temps, la France poursuit sa défense des grandes causes. Alors qu’elle était la grande favorite à la succession de Christiana Figueres, au secrétariat exécutif de la convention-cadre de l’ONU sur le changement climatique (CCNUCC), Laurence Tubiana devra renoncer à son ambition. Recommandée par Laurent Fabius, adoubée par le président de la République, l’ambassadrice française au climat a le tort d’avoir été l’une des chevilles ouvrières de la COP 21. Ce qui a fait ombrage à la ministre de l’écologie.

Laquelle aurait opposé son veto à la candidature française au secrétariat de la CCNUCC, affirme le Canard Enchaîné dans sa dernière édition. En privé, d’autres sources, interrogées par Le JDLE, avancent que la France guigne d’autres postes onusiens que le petit secrétariat de Bonn.



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