Climat : tous les voyants sont au rouge

Le 29 novembre 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Jusqu'où ne montera-t-il pas ?
Jusqu'où ne montera-t-il pas ?
OMM

 

Malgré les engagements de décarbonation, nos émissions de gaz à effet de serre ne cessent de progresser.  

 

L’an passé, en clôture de la COP 24, un journaliste avait interrogé le secrétaire général de l’ONU sur ses priorités pour le prochain sommet climatique. Du tac au tac, António Guterres lui avait répondu : «j’ai 5 priorités  l’ambition, l’ambition, l’ambition, l’ambition et l’ambition.»

Et de fait, de l’ambition, il en faudra pour stabiliser une situation climatique catastrophique. Comme avant chaque COP, les scientifiques ont dévoilé, ces derniers jours, des batteries de statistiques. Le bilan est angoissant.

Malgré une légère baisse de la consommation mondiale de charbon (l’activité ralentit en Chine), les concentrations de gaz à effet de serre continuent de progresser.

du jamais vu depuis 3 à 5  millions d'années

Publié le 25 novembre, le dernier Bulletin de l’organisation météorologique mondiale (OMM), indique, qu’en 2018, on comptait, en moyenne, près de 408 parties par million (ppm) de CO2 dans l’air : +0,5% en un an. À ce rythme, les 410 ppm pourraient être dépassées en 2019. Et les émissions des autres GES progressent, elles aussi.

Depuis 1990, le forçage radiatif total causé par les gaz à effet de serre persistants, qui induit le réchauffement climatique, s’est accru de 43%. Le CO2 y a contribué à hauteur de 80 %, selon l’administration américaine pour les océans et l’atmosphère (NOAA).

«Il n'y a aucun signe de ralentissement, et encore moins de diminution, de la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère malgré tous les engagements pris au titre de l'Accord de Paris sur le climat, se désole Petteri Taalas. La dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c’était il y a 3 à 5 millions d’années: la température était de 2 à 3 °C plus élevée qu’aujourd’hui, et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres au niveau actuel», poursuit le secrétaire général de l'OMM.

baisse drastique des émissions

Les grands pays émetteurs se mettent-ils en ordre de bataille pour atteindre leurs objectifs climatiques? Absolument pas. Depuis, la conclusion de l’Accord de Paris, en 2015, les rejets anthropiques de gaz carbonique ont progressé de 4%. Ce n’est pas un bon signe.

Beaucoup plus inquiétant: pour stabiliser le réchauffement à 1,5°C (le plus ambitieux des objectifs de l’Accord de Paris), les émissions carbonées doivent chuter de 7,6% par an, entre 2020 et 2030, rappelle le rapport de l’ONU Environnement, publié le 26 novembre. Nous n’y sommes pas du tout.



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