Climat : si le FMI le dit

Le 29 octobre 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Plus c'est sombre, plus rudes sont les conséquences économiques du réchauffement.
Plus c'est sombre, plus rudes sont les conséquences économiques du réchauffement.
FMI

 

Si à court et moyen termes, les effets du réchauffement pourraient passer inaperçus, notamment pour les pays développés, il n’en sera pas de même sur la durée, indique une étude du Fonds monétaire internationale.

 

Evaluer le coût des conséquences des changements climatiques est le B.A.ba des économistes du climat. Ceci afin de déterminer les mesures d’atténuation et d’adaptation qui auront le meilleur rapport coût-efficacité. Les derniers travaux en date viennent d’être publiés par le Fonds monétaire international (FMI).

Six de ses analystes ont étudié les conséquences économiques du réchauffement dans 174 pays, durant la période 1960-2014, avant d’évaluer ces coûts pour la fin du siècle.

Côté rétrospectif, Matthew Kahn et son équipe estiment que, globalement, la température moyenne globale s’est accrue de 0,0181 °C (admirez la précision) par an durant le dernier demi-siècle. Avec des effets positifs mesurés dans 169 des 174 pays suivis.

effets variables

Un scénario tout différent de celui qui nous est promis pour l’avenir. En poursuivant sur notre lancée actuelle (ce qui s’apparente au scénario du Giec RCP 8,5[1]), le thermomètre planétaire pourrait grimper de 0,04 °C par an. Pareille montée en température, soulignent les chercheurs, ferait globalement chuter de 7,2% la production mondiale de richesses à la fin du siècle.

Avec de grandes disparités selon les régions du monde, les niveau de développement et la démographie. A moyen terme, la hausse de 1 °C n’aurait que peu d’effet sur une économie développée quand elle ferait déjà reculer de 1 à 2% la richesse produite par un pays en développement.

avenir douloureux

A long terme, c’est plus douloureux. Le revenu par habitant des USA, du Canada pourrait chuter d’une quinzaine de pourcents. Les pertes pourraient s’avérer plus supportables, en revanche, pour les ressortissants des pays scandinaves, de l’Allemagne et de la partie centrale de l’Afrique du nord. Les Français s’en tireraient, relativement bien, avec une baisse de 6% du PIB par habitant.

A contrario, le respect des objectifs de l’accord de Paris n’occasionnerait qu’une baisse de 1% seulement. Mais stabiliser le réchauffement à 1,5°C suppose de faire chuter de 45% les émissions anthropiques de CO2 entre 2010 et 2030, rappelait le rapport spécial du Giec d’octobre 2018. Plus facile à écrire qu’à faire.



[1] Le scénario RCP 8,5 annonce un triplement de la concentration de CO2 durant le XXIe siècle, avec un réchauffement qui pourrait atteindre 4,8 °C vers 2100.