Climat: quand les entreprises «vertueuses» financent les climato-sceptiques

Le 07 septembre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Député du Dakota du Nord, Kevin Cramer est le conseiller énergie de Donald Trump.
Député du Dakota du Nord, Kevin Cramer est le conseiller énergie de Donald Trump.
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Des multinationales américaines s'engagent à réduire leurs émissions de GES. Ce qui ne les dissuadent pas de financer les activités politiques de parlementaires ouvertement climato-sceptiques.

C’est l’histoire d’une formidable hypocrisie. Hypocrisie que met à jour Reuters. L’agence de presse a comparé les listes des grandes entreprises signataires de l’engagement des entreprises américaines en faveur du climat. Les signataires soutiennent l’Accord de Paris et ses objectifs. Elles s’obligent aussi à abattre de moitié leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), de 80% leur consommation d’eau. A terme, le Big Business s’interdit aussi la mise en décharge de ses déchets. Bienvenue en revanche aux énergies renouvelables (qui devront satisfaire à tous leurs besoins) et au bois prélevé dans des forêts gérées durablement.

154 multinationales

Lancés durant l’été 2015 par le président américain, ces engagements ont été, depuis, ratifiés par 154 multinationales, employant 11 millions de salariés. Des poids lourds de l’économie mondiale comme General Electric, Apple ou PepsiCo, dont on peut se dire qu’ils sont totalement convaincus de l’existence de l’urgence climatique.

Ce n’est pas si sûr. En consultant les listes des mécènes des politiciens américains classés ‘climato-sceptiques’, voire négationnistes du réchauffement, Reuters s’est rendu compte qu’une partie des signataires de l’appel de Barack Obama soutiennent financièrement des parlementaires totalement opposés à la politique climatique de la Maison blanche. Pour ne pas dire plus.

130 candidats climato-sceptiques

Sur les 30 plus grands groupes qui ont signé l’appel, 25 financent 130 candidats (majoritairement républicains) qui ne croient pas en la réalité des changements climatiques, ou à leur origine anthropique[1]. Dans le lot, on trouve bien sûr Jim Inhofe, sénateur de l’Oklahoma, qui réfute l’existence du réchauffement en lançant des boules de neige au sénat. Pas de surprise non plus à trouver le nom de Kevin Cramer. Le député du Dakota du Nord (pays du gaz de schiste) est accessoirement le conseiller Energie du candidat Donald Trump.

Quand elles répondent aux journalistes de l’agence, les entreprises bottent en touche. PepsiCo indique que les montants versés au comité d’action politique des candidats sont faibles, au regard des investissements qu’il a consenti pour réduire son empreinte carbone et acquérir des véhicules électriques. Même discours chez General Electric qui souligne avoir investi 17 milliards de dollars (15,11 Md€) dans les technologies propres, ces 11 dernières années. Le chimiste DuPont met en exergue l’amélioration de l’efficacité énergétique de ses sites industriels.

 



[1] Parmi lesquelles PepsiCo, DuPont's, Google, AT&T, GE, Verizon, Mondelez, General Electric.           

 



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