Climat: pourquoi Obama engage ses militaires

Le 14 octobre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Chuck Hagel en pleine négociation à Arequipa (Pérou),
Chuck Hagel en pleine négociation à Arequipa (Pérou),
DOD

Washington rappelle à ses alliés que les conséquences des changements climatiques posent un problème de sécurité globale.

Depuis des années, la diplomatie américaine travaille à faire évoluer la position de ses alliés sur le changement climatique. A coup de partenariats régionaux ou thématiques, Washington entend court-circuiter la France et l’ONU, adeptes d’un traité multilatéral et contraignant. Une option d’ores et déjà exclue par l’administration Obama. Comme elle l’était précédemment par les gouvernements dirigés par George Bush ou Bill Clinton.

Pour se montrer plus persuasive encore, la Maison blanche vient d’enrôler ses militaires dans sa croisade climatique. Lors d’une conférence réunissant ses homologues des Amériques à Arequipa (Pérou), le secrétaire américain à la défense a rappelé, mardi 14 octobre, que les changements climatiques sont un problème militaire et doivent être traités comme tel.

Accroissement du nombre de conflits

«L’élévation des températures, la modification du régime des pluies, la montée du niveau de la mer et l’accroissement des événements climatiques extrêmes vont accroître l’instabilité, la faim, la pauvreté et le nombre des conflits», estime Chuck Hagel. Plus instable, le monde fera donc plus fréquemment encore qu’aujourd’hui appel aux forces armées, tant pour éviter les conflits (ou en limiter la propagation) que pour secourir des populations sinistrées.

Il y a deux façons de se préparer à ce futur annoncé, estiment les Américains. En facilitant, tout d’abord, l’adaptation des militaires à leur futur environnement. A cet égard, le ministère américain de la défense (DoD) vient de publier la feuille de route de l’adaptation de l’US Army. Au menu: identification des installations menacées par les conséquences des changements climatiques, adaptation des matériels aux nouvelles conditions, adaptation des chaînes d’approvisionnement. Plus opérationnel, le document préconise aussi d’affecter des troupes sur des territoires nouvellement ouverts, comme l’Arctique, où l’armée russe vient de déployer 6.000 hommes.

La Grande Muette

Ensuite, le DoD plaide pour un renforcement de la coopération militaire. Un euphémisme pour désigner, par exemple, des programmes d’équipement (avec du matériel made in USA) d’armées de pays pauvres. Décrit autrement, le deal s’apparente à un «tu votes pour moi à l’ONU et je fournis les armes dont tu as besoin.» Ce message n’est pas uniquement destiné aux responsables latino-américains. Loin s’en faut. Le 2 avril dernier, Chuck Hagel tenait exactement les mêmes propos à ses collègues ministre de la défense des pays d’Asie du Sud-est.

Dans un rapport sur l’impact du changement climatique en matière de défense, les députés André Schneider (UMP) et Philippe Tourtelier (PS) avaient estimé nécessaire le lancement d’une politique d’adaptation (construction d’ouvrages de protection) et le renforcement des capacités de secours. Hélas, les coups portés à la loi de programmation militaire ont effacé toute trace de stratégie climatique française. Peu importe, d’ailleurs. La Grande Muette n’est pas, contrairement à l’US Army, partie prenante aux négociations sur le réchauffement. Une alliée de moins pour le Quai d’Orsay?

 



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