Climat : Peu d’avancées financières à Genève

Le 06 septembre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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"Nous avons amélioré notre compréhension des problèmes", estime Moritz Leuenberger.
"Nous avons amélioré notre compréhension des problèmes", estime Moritz Leuenberger.

A l’initiative de la Suisse et du Mexique, les représentants de 45 pays se sont retrouvés à Genève, les 2 et 3 septembre, pour financer l’action mondiale contre le changement climatique.

Quel clin d’œil ! Réunir à Genève les représentants de 45 pays pour discuter des moyens de financer la lutte contre le changement climatique, il fallait oser !

Co-organisé, du 2 au 3 septembre, par la Suisse et le Mexique, ce mini-sommet avait une vocation : avancer sur la question des financements multilatéraux. « Ces fonds sont cruciaux pour rebâtir la confiance entre les riches et les pauvres, mise à mal à Copenhague », rappelle Christiana Figueres, la nouvelle secrétaire exécutive de la Convention Climat.

Conclu dans la douleur au mois de décembre, l’accord de Copenhague prévoit deux types de financements : l’octroi par les pays les plus riches d’une aide publique de 30 milliards de dollars d’ici à 2012 ; une aide de 100 milliards de dollars par an aux pays en développement à partir de 2020.

Problème : la crise est passée par là et a asséché, pour longtemps, les budgets des nations les plus fortunées. Aussi, nul ne sait aujourd’hui comment seront tenues ces deux promesses de Copenhague.

D’autant que l’accord conclu dans les dernières heures de la COP 15 stipule que ces fonds devront s’ajouter à l’aide publique classique. Les pays les plus industrialisés ne devront pas déshabiller leur budget de la coopération, par exemple, pour habiller celui de l’aide climatique.

Ce que tente pourtant de réaliser le Japon. Sur les 30 milliards de « fast start », à financer au cours des deux prochaines années, le Japon en promet une petite moitié : une manne qui a pourtant été votée, il y a plusieurs années. Exit « l’additionnalité » chère aux partisans de l’accord de Copenhague.

Cela étant, les pragmatiques reconnaissent que la crise économique qui frappe les pays de l’Annexe 1 du protocole de Kyoto (ceux qui doivent réduire leurs émissions de GES et financer mitigation et adaptation des pays en développement) impose un assouplissement des règles.

« Il y a des raisons justifiées pour que l’intégralité des fonds versés ne soient pas additionnels », confirme Christiana Figueres. Un pas en avant. Mais insuffisant pour boucler les deux budgets. Aussi, à Genève, a-t-on ouvert de nouvelles (en principe) pistes de financement.

Le seul point de convergence de tous les délégués fut la création d’un nouveau fonds. Hélas, personne ne sait (encore) comment sera financé ce nouveau dispositif.

Faisant l’article de son accord pétrolier conclu avec le PNUD (dans le JDLE), l’Equateur suggère de dédommager les pays pétroliers qui renonceraient à l’exploitation des hydrocarbures.

Pas d’idée non plus sur son articulation avec les nombreux fonds climatiques existant, qu’ils soient gérés par la Banque mondiale, le Fonds mondial pour l’environnement ou d’autres institutions. D’autres négociateurs ont avancé l’idée d’une taxation du transport maritime.

Ce flou n’effraie pas le ministre suisse de l’Environnement. Moritz Leuenberger estime que les gouvernements préciseront leurs engagements d’ici à la conférence de Cancun qui s’ouvrira fin novembre. Et qu’importe s’ils ne le font pas !

Un groupe d’experts, mandaté par le secrétaire général de l’ONU, doit prochainement rendre public son rapport sur le sujet. Il pourrait recommander la participation du secteur privé à ce nouveau fonds ainsi qu’une contribution des grands pays émergents.

« Nous avons discuté ouvertement, souvent exploré d'autres pistes que celles envisagées traditionnellement dans les négociations, réfléchi ensemble et ainsi amélioré notre compréhension des problèmes et des solutions possibles », résume Moritz Leuenberger.

Si la confiance semble enfin rétablie, l’argent n’est toujours pas sur la table. Or, pour conserver nos chances de maintenir à un niveau non dangereux les concentrations de gaz carbonique, les rejets anthropiques doivent baisser à partir de 2016. Il est temps de conclure.



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