Climat: pas d’accord ambitieux indo-américain

Le 26 janvier 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Obama s'assure la neutralité bienveillante de l'Inde dans les négociations climatiques.
Obama s'assure la neutralité bienveillante de l'Inde dans les négociations climatiques.
Services du premier ministre de l'Inde

Barack Obama s’est assuré de la bienveillante neutralité indienne dans les négociations climatiques internationales.

Barack Obama aura essayé. Mais il n’est pas parvenu à doubler la mise. En visite d’Etat en Inde, le président des Etats-Unis a bien conclu, comme prévu, un accord sur le climat avec la plus grande démocratie du monde. Pour autant, ce succès diplomatique est de moindre ampleur que l’accord conclu, le 12 novembre 2014, entre Washington et Pékin.

Le communiqué mis en ligne par la Maison blanche liste les principaux points sur lesquels se sont accordées les deux parties, dimanche 25 janvier. New Delhi et Washington s’engagent à amender le protocole de Montréal. Le but recherché étant d’obtenir l’interdiction d’utiliser et de produire des hydrofluorocarbures (HFC, de très puissants gaz à effet de serre).

Coopération scientifique

Les autorités des deux pays renouvellent un accord de coopération scientifique. Moyennant une ligne de crédit commune de 125 millions de dollars (111 M€), elles financeront des recherches sur les énergies solaires, l’efficacité énergétique des bâtiments, les agrocarburants, les réseaux intelligents et le stockage de l’énergie. De son côté, l’administration américaine devrait ouvrir une ligne de crédits d’un milliard de dollars (887 M€) pour faciliter le financement des exportations de sources de production d’énergies renouvelables en Inde.

Nucléaire américain et solaire indien

L’Inde ne s’est pas engagée à grand-chose. Le Premier ministre Narendra Modi a donné un coup de pouce à d’hypothétiques exportations de 4 réacteurs nucléaires (2 ESBWR GE-Hitachi et 2 AP 1000 Westinghouse-Toshiba). Sept ans après la signature d’un accord avec le groupe des fournisseurs nucléaires (permettant à des exportateurs de technologies nucléaires civiles de vendre des réacteurs et du combustible à des pays n’ayant pas signé le traité de non-prolifération nucléaire), les deux gouvernements se sont entendus sur un cadre juridique limitant la responsabilité juridique des fournisseurs d’équipements en cas d’accident nucléaire. Narendra Modi a également annoncé que l’Inde mettrait en service 100 gigawatts crête de centrales solaires d’ici 2022.

4 EPR

Quels enseignements tirer de cette série d’annonces? Sur le plan de la lutte contre le changement climatique, les résultats attendus sont modestes. L’impact sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) de programmes de recherche ou de lignes de crédit à l’exportation est impossible à évaluer. Aussi important soit-il, le programme solaire n’est pas nouveau. Il prévoit une capacité de 125 GWc d’ici 2040, rappelle le dernier rapport annuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

De même, l’Inde a de grandes ambitions nucléaires. Le quart de son électricité pourrait être produit par l’atome vers le milieu du siècle. En attendant, 6 nouveaux réacteurs doivent être mis en service dans les prochains mois. Et la mise en chantier de 35 autres (dont 4 EPR français) est prévue entre 2014 et 2023.

Doublement des émissions de CO2

Ce déploiement de sources d’énergies décarbonées réduira-t-il les émissions carbonées indiennes? Rien ne permet de l’affirmer. Selon les dernières projections de l’AIE, l’Inde devrait doubler ses émissions de CO2 énergétiques entre 2012 et 2035. A cette échéance, elles friseront les 4 milliards de tonnes annuelles: près de deux fois celles de l’Union européenne. Cela pourrait être pire. Ces 20 prochaines années, les électriciens indiens prévoient de quadrupler leur parc de production d’électricité. Et de porter la part des énergies renouvelables de 11% à 26%.

Inutile, la visite de Barack Obama? Pas totalement. Elle s’achève en effet sur un succès politique. Au cours de la conférence de presse commune, Narendra Modi a convenu que l’Inde et les autres nations avaient l’obligation de réduire les émissions de GES. Le leader nationaliste a également formulé des vœux pour «que la conférence de Paris sur le climat soit un succès».

Cette déclaration n’a l’air de rien. Elle marque pourtant une évolution sensible de la position indienne. Jusqu’à présent, New Delhi était radicalement opposé à toute contrainte carbone, rappelant que les changements climatiques actuels étaient uniquement imputables aux pays occidentaux. L’Inde ne sera peut-être pas motrice dans les prochaines négociations climatiques.

Barack Obama aura essayé. Mais il n’est pas parvenu à doubler la mise. En visite d’Etat en Inde, le président des Etats-Unis a bien conclu, comme prévu, un accord sur le climat avec la plus grande démocratie du monde. Pour autant, ce succès diplomatique est de moindre ampleur que l’accord conclu, le 12 novembre 2014, entre Washington et Pékin.

Le communiqué mis en ligne par la Maison blanche liste les principaux points sur lesquels se sont accordées les deux parties, dimanche 25 janvier. New Delhi et Washington s’engagent à amender le protocole de Montréal. Le but recherché étant d’obtenir l’interdiction d’utiliser et de produire des hydrofluorocarbures (HFC, de très puissants gaz à effet de serre).

Coopération scientifique

Les autorités des deux pays renouvellent un accord de coopération scientifique. Moyennant une ligne de crédit commune de 125 millions de dollars (111 M€), elles financeront des recherches sur les énergies solaires, l’efficacité énergétique des bâtiments, les agrocarburants, les réseaux intelligents et le stockage de l’énergie. De son côté, l’administration américaine devrait ouvrir une ligne de crédits d’un milliard de dollars (887 M€) pour faciliter le financement des exportations de sources de production d’énergies renouvelables en Inde.

Nucléaire américain et solaire indien

L’Inde ne s’est pas engagée à grand-chose. Le Premier ministre Narendra Modi a donné un coup de pouce à d’hypothétiques exportations de centrales nucléaires américaines. Sept ans après la signature d’un accord avec le groupe des fournisseurs nucléaires (permettant à des exportateurs de technologies nucléaires civiles de vendre des réacteurs et du combustible à des pays n’ayant pas signé le traité de non-prolifération nucléaire), les deux gouvernements se sont entendus sur un cadre juridique limitant la responsabilité juridique des fournisseurs d’équipements en cas d’accident nucléaire. Narendra Modi a également annoncé que l’Inde mettrait en service 100 gigawatts crête de centrales solaires d’ici 2022.

4 EPR

Quels enseignements tirer de cette série d’annonces? Sur le plan de la lutte contre le changement climatique, les résultats attendus sont modestes. L’impact sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) de programmes de recherche ou de lignes de crédit à l’exportation est impossible à évaluer. Aussi important soit-il, le programme solaire n’est pas nouveau. Il prévoit une capacité de 125 GWc d’ici 2040, rappelle le dernier rapport annuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

De même, l’Inde a de grandes ambitions nucléaires. Le quart de son électricité pourrait être produit par l’atome vers le milieu du siècle. En attendant, 6 nouveaux réacteurs doivent être mis en service dans les prochains mois. Et la mise en chantier de 35 autres (dont 4 EPR français) est prévue entre 2014 et 2023.

Doublement des émissions de CO2

Ce déploiement de sources d’énergies décarbonées réduira-t-il les émissions carbonées indiennes? Rien ne permet de l’affirmer. Selon les dernières projections de l’AIE, l’Inde devrait doubler ses émissions de CO2 énergétiques entre 2012 et 2035. A cette échéance, elles friseront les 4 milliards de tonnes annuelles: près de deux fois celles de l’Union européenne. Cela pourrait être pire. Ces 20 prochaines années, les électriciens indiens prévoient de quadrupler leur parc de production d’électricité. Et de porter la part des énergies renouvelables de 11% à 26%.

Inutile, la visite de Barack Obama? Pas totalement. Elle s’achève en effet sur un succès politique. Au cours de la conférence de presse commune, Narendra Modi a convenu que l’Inde et les autres nations avaient l’obligation de réduire les émissions de GES. Le leader nationaliste a également formulé des vœux pour «que la conférence de Paris sur le climat soit un succès».

Cette déclaration n’a l’air de rien. Elle marque pourtant une évolution sensible de la position indienne. Jusqu’à présent, New Delhi était radicalement opposé à toute contrainte carbone, rappelant que les changements climatiques actuels étaient uniquement imputables aux pays occidentaux. L’Inde ne sera peut-être pas motrice dans les prochaines négociations climatiques. Mais elle ne sera plus un frein à la conclusion d'un accord universel, en décembre prochain.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus