Climat: Paris met en œuvre sa stratégie de résilience

Le 04 octobre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Paris devra développer des oasis de fraîcheur.
Paris devra développer des oasis de fraîcheur.
VLDT

Anne Hidalgo engage, ce mercredi 4 octobre, une trentaine d’actions pour permettre l’adaptation de la ville lumière aux conséquences du réchauffement. Un véritable projet de société urbaine.

Après la joie des Jeux olympiques, la peur du réchauffement. Ce mercredi 4 octobre, la maire de Paris a officiellement lancé la stratégie de résilience climatique de la capitale. Ou comment rendre la ville lumière opérationnelle quelles que soient les conditions climatiques ou environnementales. Fluctuat nec mergitur for ever, en quelque sorte.

«Loin d’être anxiogène, la résilience urbaine apporte des solutions pour mieux préparer et adapter les villes, leurs populations, leurs entreprises, et leurs infrastructures», résume Anne Hidalgo.

Des mois de concertation

Après avoir intronisé Sébastien Maire, ancien chef de cabinet de Dominique Voynet, haut responsable de la résilience de la ville, Paris a engagé, entre novembre et mai derniers, une vaste concertation avec les parties prenantes. Environ 800 personnes (entrepreneurs, politiques, associatifs, scientifiques, élus) ont imaginé un avenir assombri par les conséquences du réchauffement (pics de pollution, sécheresse, inondations) et préparé un arsenal de contre-mesures.

La réflexion s’est appuyée sur une dizaine d’études universitaires: adaptation du projet urbain aux migrations (IRC), stratégie métropolitaine (Science-Po Paris), identification des zones d’expansion des crues (Amec FW/EPTB), bénéfices de la réduction du trafic routier (Aecom), etc.

6 enjeux prioritaires

Ces échanges ont permis d’identifier 6 enjeux prioritaires: inégalités territoriales et cohésion sociale, risque terroriste et contexte sécuritaire, changement climatique, pollution de l’air, risques liés au fleuve, gouvernance territoriale.

Adoptée en septembre 2017, la stratégie parisienne repose sur trois ‘piliers’: sensibilisation des citoyens, nouvelle conception de l’espace public, participation des forces vives (administrés, entrepreneurs, associatifs, commerçants, fonctionnaires) à sa mise en œuvre. Inimaginable «de repenser les modes de vie et notamment d’intégrer une logique de résilience dans de nombreuses sphères» sans une participation totale des Parisiens, fait-on valoir dans l’entourage de Célia Blauel, adjointe à la maire de Paris en charge de l’environnement.

35 actions

A chaque pilier son lot d’actions. Pour préparer «petits et grands» à faire face aux crises à venir, Paris prévoit par exemple de constituer des réseaux de citoyens solidaires, de dispenser de nombreuses formations «aux gestes qui sauvent», de former les enseignants à la prise en charge des traumatismes.

La ville devrait être quelque peu retouchée. Les cours d’écoles seront abritées pour devenir des oasis de fraicheur même lors d’épisodes caniculaires. Les terrasses et les sous-sols des immeubles collectifs pourraient aussi servir de relais fraîcheur. Les équipes du service des carrières vont peaufiner leurs connaissances du sous-sol pour prévenir les risques d’effondrement et d’inondation.

Vers la fin du périphérique?

Plus audacieux: l’équipe parisienne réfléchit à une transformation du boulevard périphérique et du réseau autoroutier de l’agglomération. Aucune piste n’est ouverte pour le moment. Mais l’inspiration vient clairement de Séoul où une voie express datant des années 1960 a été transformée en promenade urbaine. La capitale de la Corée du Sud a aussi détruit des autoroutes urbaines pour mettre au jour une rivière. Une bonne nouvelle pour les partisans de la destruction de la voirie qui recouvre à Paris la Bièvre, un affluent de la Seine.

A la recherche du territoire pertinent. Très rapidement, il est apparu qu’il était illusoire de vouloir protéger Paris intra-muros. Raison pour laquelle la stratégie de résilience a été étendue à la Métropole du Grand Paris. Cette dimension métropolitaine s’avérant encore insuffisante (notamment pour la gestion de l’eau et des pollutions de l’air), Paris a conclu un accord avec l’Association des maires ruraux pour étendre la résilience aux territoires ruraux franciliens.

Plus concrètement, l’Hôtel de ville va engager la construction de deux éco-quartiers résilients (Saint-Vincent-de-Paul et Bercy-Charenton) et adapter les règles de l’urbanisme et les cahiers des charges municipaux aux futures données climatiques.

Troisième pilier: assurer la continuité du service public et la résilience de l’administration. Au-delà de la protection de ses systèmes d’information contre les risques de crue ou de cyber-attaque, Paris entend s’organiser pour faire face à des désastres de grande ampleur.

Ce qui passera, par exemple, par une nouvelle organisation des services de la ville, mais aussi un renforcement de la coopération avec les collectivités où Paris puise son eau potable ou qui abritent d’importantes surfaces agricoles. Il faut sécuriser l’approvisionnement en eau et en vivres.

 



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