Climat: Paris livre son plan d’adaptation

Le 29 septembre 2015 par Stéphanie Senet
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Au niveau mondial, 1 métropole sur 5 a bouclé son plan d'adaptation au changement climatique
Au niveau mondial, 1 métropole sur 5 a bouclé son plan d'adaptation au changement climatique

Annoncée dans ses grandes lignes début juillet dans le JDLE, la stratégie d’adaptation parisienne au changement climatique doit être adoptée demain 30 septembre au Conseil de Paris.

 

«Après les mesures d’atténuation, il était temps de lancer notre politique d’adaptation», explique Celia Blauel, maire adjointe en charge de l’environnement et du plan Climat Energie territorial (PCET).

Présentée comme une adaptation du plan Climat Energie de Paris actualisé en 2012 (voir encadré), cette stratégie fixe des objectifs détaillés à l’horizon 2050 pour adapter la ville au dérèglement climatique et à la raréfaction des ressources.

 

Une ville «robuste» mais menacée

 

A commencer par la protection des Parisiens face aux événements climatiques extrêmes. Si la capitale est présentée comme «robuste», la canicule de 2003 pourrait devenir la norme en 2050, entraînant des problèmes sanitaires, une consommation record d’eau potable et des tensions sur les systèmes électriques. D’ici la fin du siècle, Paris risque de connaître 4 fois plus de jours très chauds (température diurne supérieure à 30°C) et 10 fois plus de nuits tropicales (température nocturne supérieure à 20°C), montre une étude réalisée par Météo France. La canicule de juillet dernier en a montré un aperçu. En réaction, la ville propose d’ouvrir les parcs pendant la nuit, d’élargir les horaires d’ouverture des piscines, de créer des espaces de baignade naturelle (lac Daumesnil et bassin de la Villette) et d’ouvrir au public 30 hectares d’espaces verts supplémentaires en 2020 pour atténuer l’effet d’îlot de chaleur urbain.

 

De nouveaux puits et fontaines

 

Deuxième pilier: l’approvisionnement en eau, en alimentation et en énergie. Selon Celia Blauel, «les stratégies d’adaptation adoptées par de grandes villes comme Londres, New York ou Melbourne se sont arrêtées à ces événements climatiques extrêmes. A Paris, nous souhaitons aller plus loin en faisant évoluer la gestion des ressources énergétiques, alimentaires et en eau». Une intention louable, qui mérite toutefois d’être précisée. En l’état l’actuel, le plan parisien prévoit globalement de «développer l’agriculture urbaine» (33 hectares d’ici 2020), de mettre en œuvre «un plan d’alimentation durable» (25% des denrées alimentaires proviendront de la région en 2050), de poursuivre la sécurisation des réseaux de distribution d’énergie et de tripler la production d’énergies renouvelables d’ici 2024. La municipalité compte aussi forer de nouveaux puits d’accès à la nappe d’eau profonde sous Paris et créer de nouvelles fontaines à boire dans les rues.

Après le Plan Climat
Adopté en 2007 et révisé en 2012, le PCET de la ville de Paris vise à abattre de 75% les émissions de gaz à effet de serre entre 2004 et 2050. Il fixe aussi trois objectifs intermédiaires: réduire ces émissions et la consommation énergétique de 25% en 2020, et produire 25% d’énergies renouvelables et de récupération en 2020.
La capitale est encore loin du compte, enregistrant en 2009 une réduction de 4% de ses émissions de GES par rapport à 2004 et une baisse de 4,6% de sa consommation énergétique. En revanche, elle affiche déjà 17% d'énergies renouvelables et de récupération.

 

Adapter l’urbanisme et les modes de vie

 

Si le déploiement de la nature en ville permettra de réduire l’effet d’îlot de chaleur urbain, c’est aussi le cas du bâti lorsqu’il déploie des protections solaires, ventilations naturelles, certains matériaux ou systèmes d’aération, selon la stratégie parisienne. L’urbanisme représente donc le troisième pilier stratégique de la ville, devant l’adaptation des modes de vie. Sur ce thème, la ville cite en exemple le permis de végétaliser[1], présenté en juin dernier au Conseil de Paris, et destiné aux particuliers, associations et commerçants porteurs d’un projet. En vue de déployer la nature à l’échelle des cours et des toits d’immeuble.



[1] Valable pendant trois ans, il est renouvelable de façon tacite

 



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