Climat: Obama s’attaque aux centrales électriques

Le 02 juin 2014 par Stéphanie Senet
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Aux Etats-Unis, plus de 3.000 centrales électriques fonctionnent aux énergies fossiles, en particulier au charbon
Aux Etats-Unis, plus de 3.000 centrales électriques fonctionnent aux énergies fossiles, en particulier au charbon

Moins d’un mois après le rapport sur les conséquences des changements climatiques aux Etats-Unis, le président Obama poursuit sur sa lancée avec la publication, ce 2 juin, du plan visant à limiter de 30% les émissions carbonées des centrales électriques fonctionnant aux énergies fossiles en 2030 par rapport à 2005. Une première outre-Atlantique.

Pour contourner l’opposition du Congrès, la réforme a pris le chemin d’une réglementation –le Clean Power Plan- issue de l’Agence fédérale de protection de l’environnement (EPA). Elle s’attaque à la première source des émissions carbonées des Etats-Unis: les centrales thermiques à flamme, représentant environ 40% des émissions de CO2 outre-Atlantique. Les centrales au charbon fournissent en effet la plus grande part de l’électricité américaine (37%), devant le gaz naturel (30%), le nucléaire (19%) et les énergies renouvelables (12%).

Jusqu’à présent, seules les émissions de mercure, d’arsenic, de dioxyde de soufre, d’oxydes d’azote et de particules fines de ces installations étaient limitées par la loi.

 

Tenir l’engagement de Copenhague

 

Historique, cette mesure permettra surtout aux Etats-Unis de tenir leur engagement, pris en 2009 à Copenhague, de réduire de 17% les émissions carbonées entre 2005 et 2020. Par la même occasion, elle offrira une baisse de 25% des émissions de particules, d’oxydes d’azote et de dioxyde de soufre, selon l’agence de l’environnement. Autrement dit, cela représente 6.600 décès prématurés en moins chaque année et 150.000 crises d’asthme évitées chez les enfants. Ou encore de 48 à 82 milliards de dollars (35 à 60 Md€) de bénéfices climatiques et sanitaires d’ici 2030.

Pour mémoire, l’EPA avait préparé une première version de cette réglementation dès le mois d’avril 2012, mais avait dû faire marche arrière face au tollé provoqué dans les rangs républicains et au sein de l’industrie charbonnière.

«Cette proposition permettra de protéger la santé publique, et de lutter contre le changement climatique tout en fournissant aux Américains une énergie fiable et abordable», a plaidé ce 2 juin Gina McCarthy, directrice de l’EPA.

 

Une flexibilité selon les Etats

 

Le Clean Power Plan, officialisé en juin 2015 après une série de consultations publiques, s’appuiera sur des partenariats conclus entre l’EPA et chaque Etat, eux-mêmes finalisés au plus tard en juin 2016. Ils comprendront des objectifs de réduction des émissions carbonées ainsi que des plans d’adaptation. Si l’EPA refuse une validation, l’Etat pourra se voir imposer un plan fédéral.

A ce jour, 47 Etats ont déjà mis en place des programmes d’efficacité énergétique, 38 des normes ou des objectifs de production d’énergies renouvelables et 10 des marchés de quotas d’émission de gaz à effet de serre.

Si la mesure a de quoi satisfaire les représentants français des négociations climatiques, qui accueilleront la 21e Conférence des Nations unies (COP21) sur le changement climatique à Paris en décembre 2015, ceux-ci restent toutefois prudents. «On peut déplorer le retard des Etats-Unis par rapport à leur engagement pris en 2009. Par ailleurs, il y aura sans doute de nombreuses actions judiciaires qui vont retarder un peu plus sa mise en œuvre. Le Clean Power Plan ne reste qu’une étape parmi d’autres à accomplir», nuance Paul Watkinson, chef de l’équipe des négociateurs français.

De son côté, la commissaire européenne à l'action climatique, Connie Hedegaard, a souligné dans un communiqué "la plus importante action annoncée à ce jour par les Etats-Unis pour combattre le réchauffement climatique". "Mais pour que la Conférence de Paris permette de prendre des mesures limitant le réchauffement à 2°C, tous les Etats, Etats-Unis compris doivent encore faire plus", a-t-elle insisté.

 



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