Climat: menaces sur l’Europe

Le 07 mars 2014
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Le port de la lune de Bordeaux bientôt sous les eaux ?
Le port de la lune de Bordeaux bientôt sous les eaux ?
Ville de Bordeaux

Voilà une étude qui devrait fortement déplaire au Quai d’Orsay. Le ministère des affaires étrangères est la cheville ouvrière de l’organisation du sommet climatique de 2015, au cours duquel doit, en principe, être conclu un accord «universel» sur le climat. Son but ultime devra être de permettre un stabilisation du réchauffement climatique à 2C° par rapport à l’ère pré-industrielle. Un combat que l’on sait, aujourd’hui, à peu près ingagnable.

 

Dans un article publié ce 7 mars dans les Environmental Research Letters, Robert Vautard, du laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (CEA/CNRS/UVSQ), et son équipe montrent que le réchauffement s’accélère notamment au dessus de l’Europe. D’ici une dizaine d’années, la température moyenne européenne pourrait prendre 1,5°C et 2°C, vers les années 2040. Pour le moment, le thermomètre du Vieux monde n’a grimpé que de 0,8°C par rapport au début du XIXe siècle.

 

Pour arriver à pareille estimation, les 11 climatologues ont fait tourner une quinzaine de modèles climatiques régionaux en utilisant le scénario A1B.

Ce réchauffement apportera son lot d’effets climatiques et climatologiques, variables en intensité selon les régions. Dans le sud du continent, le régime des précipitations pourrait diminuer de 10%. Avec la même hausse de 2°C, le nord de l’Europe devra supporter plus de pluie et de neige qu’autrefois. Les régions orientales et la Scandinavie pourraient compter plus d’événements orageux estivaux. A contrario, les pays du Sud auront des hivers plus humides.

 

La température moyenne qui règnera sur les îles britanniques et la France ne devrait pas grimper de plus de 1,5°C, sauf en été. Durant la période estivale, l’Hexagone connaîtra des températures comparables à celles qui écraseront l’Espagne et le Portugal. Les journées où le thermomètre affichera plus de 40°C ne seront plus rares.

 

Bref, comme l’indique Robert Vautard, cet échauffement aura bien des conséquences. Et ce ne sont pas ses collègues Ben Marzeion (université d’Innsbruck) et Anders Levermann (institut de recherche de Postdam sur les impacts du climat) qui le démentiront. Dans un autre article, également paru dans les Environmental Research Letters, les deux chercheurs ont listé les sites du patrimoine mondial de l’Unesco, menacés par la montée du niveau de la mer.

 

Si la température se maintient à son niveau actuel, mers et océans pourraient engloutir (en 2.000 ans quand même!) 0,7% des terres, mais surtout 40 sites inscrits sur les listes de l’Unesco. Pour un réchauffement de 3°C, c’est 1% des terres qui se retrouveront sous les eaux, ainsi que 136 perles du patrimoine mondial.

 

Parmi les sites français les plus menacés: les monuments romains et romans d’Arles, le Mont-Saint-Michel et sa baie, Le Havre d’Auguste Perret, le port de la lune de Bordeaux.



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