Climat: même sans politique fédérale, la Belgique réduit ses émissions

Le 28 octobre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Et pendant ce temps-là, les émissions diminuent.
Et pendant ce temps-là, les émissions diminuent.
DR

Six ans après l’ouverture des discussions, les régions belges et le pouvoir central ne sont toujours pas d’accord sur le partage de l’effort climatique.

Et si l’accord de Paris n’était que de la petite bière? Certes, les négociations portant sur la rédaction du texte dont pourrait accoucher la COP 21 s’étirent depuis plus d’un an, mais voilà 6 ans que les 4 gouvernements belges essaient de s’entendre sur la répartition de l’effort climatique.

Burden Sharing

En belge dans le texte, on appelle cela le burden sharing. Après l’adoption du paquet européen Climat 2020, le royaume belge avait accepté de réduire de 15% ses émissions de gaz à effet de serre entre 2005 et 2020 et, à la même échéance, de consommer 13% d’énergies issues des renouvelables.

Problème typiquement belge: ces objectifs ont été assignés au royaume. Reste à répartir l’effort entre les trois régions (Wallonie, Flandre, Bruxelles) et le fédéral: le fameux burden sharing. Après 6 ans d’âpres négociations, on croyait, le week-end passé, être en vue d’un accord quadripartite.

Deal quadripartite

En résumé, raconte la Libre Belgique, le deal était le suivant: à charge pour la Flandre d’abattre de 15,5% ses émissions de GES, de 14,7% pour la Wallonie et de 8,8% pour Bruxelles-capitale. Jusqu’ici, tout va bien. De même, les 4 ministres de l’environnement semblent s’être entendus sur le partage des recettes de la vente de quotas d’émission (100 millions d'euros par an).

Quand le fédéral triche

C’est pour les énergies que les choses se gâtent. Cette fois, c’est la province francophone qui doit faire le plus gros effort (11,5%), devant sa rivale néerlandophone (10%), 3,5% pour Bruxelles et 2,75% pour le fédéral. Hélas, ce fédéral est bien en peine pour installer éoliennes et panneaux photovoltaïques. Alors, il triche. Une fois, en tentant d’inscrire à son bilan une station de pompage-turbinage d’Electrabel. Une autre, en comptant les importations d’électricité verte à son actif.

La N-VA à l’affut

Hélas, trois fois hélas, cette comptabilité créative est interdite par la Commission. Le fédéral va donc devoir rouvrir un dossier qu’il espérait avoir clos. L’issue était de toute façon certaine. Mardi 27 octobre, la N-VA, un parti nationaliste flamand, a estimé que l’accord devait être révisé. Celui-ci octroie la moitié des revenus de la mise aux enchères des quotas à la Flandre. Or les nationalistes réclament 56% des recettes. Un conseil (fédéral) des ministres doit prochainement statuer.

Pendant que les politiques papotent, les performances carbone s’améliorent, outre-Quiévrain. Entre 1990 et 2012, les émissions de GES ont chuté de 18,5%. Un gouvernement belge est-il vraiment nécessaire?

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus