Climat: les stratégies de contournement d'Obama

Le 27 juillet 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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On ne le dira jamais assez, les Etats-Unis sont une démocratie parlementaire. Barack Obama a beau être le plus célèbre des chefs d’Etat, il ne maîtrise pas l’agenda (et encore moins le vote) des Congressmen.

La preuve la plus éclatante est l’annonce faite, le 22 juillet, par Harry Reid. Comme on pouvait s’y attendre, le leader démocrate au Sénat a indiqué que faute d’une majorité suffisante, il ne soumettrait pas au vote de ses collègues la dernière mouture en date de la proposition de loi sur l’énergie et le climat.

Véritable serpent de mer, ce texte prévoit, entre autres choses, la création, pour les seules centrales thermiques à flammes, d’un marché fédéral de quotas d’émissions de CO2. Un peu sur le modèle de la RGGI, un marché de permis fonctionnant dans 10 Etats du nord-est du pays.

On l’aura compris, la minorité républicaine du sénat, aidée par quelques sénateurs démocrates de régions charbonnières, ne laissera passer à aucun prix une loi qui pourrait entraîner une diminution de la consommation de houille.

Une difficulté bien anticipée par l’administration Obama. Sous l’impulsion de son administratrice, Lisa Jackson, l’Environment Protection Agency (EPA, l’agence de protection de l’environnement américaine, ndlr) prépare une réglementation visant à réduire les émissions de mercure des centrales électriques.

Rien que de très normal, a priori, tant les effets néfastes de l’ingestion du mercure sont légion. Problème : tous les hydrocarbures contiennent du mercure. Pour respecter la réglementation, qui doit entrer en application en 2011, les électriciens devront réaliser d’importants travaux de dépollution, changer de combustible ou fermer leurs centrales. Autant de solutions possibles qui réduiront, du même coup, les rejets de mercure et de gaz carbonique.

Mais l’EPA n’a pas qu’une corde à son arc. Après une longue bataille juridique, elle a fini par faire admettre par la justice que le dioxyde de carbone est un gaz polluant. En utilisant le Clean Air Act pour cadre, l’agence mitonne un projet de réglementation qui devrait lui aussi contribuer à réduire sensiblement les rejets de CO2 des centrales thermiques.

Selon des estimations réalisées par Clean Air Watch et le World Resource Institute, la mise en oeuvre des législations anti mercure et anti CO2 pourrait permettre aux Etats-Unis de diminuer de 17% leurs émissions carbonées en 2020 (par rapport à celles de 2005). Ce qui est le but poursuivi, depuis plus d’un an, par la Maison blanche.



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