Climat: les petits pas chinois

Le 30 juin 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les promesses climatiques chinoises restent modestes.
Les promesses climatiques chinoises restent modestes.
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Le Premier ministre chinois a profité d’une escapade à Paris pour présenter les promesses nationales pour la COP 21. Un programme qui ne diffère pas radicalement des clauses de l’accord sino-américain de novembre 2014.

Ni Bruxelles, ni Paris n’auront fait mieux que Washington. Lundi 29 juin, se tenait dans la capitale de l’Europe le traditionnel sommet Europe-Chine. L’occasion pour la Chine, espéraient nombre d’observateurs, de publier ses promesses d’engagements pour la COP 21 (INDC). Il n’en a rien été. En signant en novembre dernier un accord climatique avec les Etats-Unis, l’Empire du milieu avait su préserver une part de mystère sur ses promesses.

Les deux parties se sont tout de même quittées sur quelques notes consensuelles. Dans un communiqué publié conjointement, Chine et Europe s’accordent pour travailler ensemble à la conclusion d’un accord, «juridiquement contraignant», à l’issue du sommet climatique de Paris. Cet accord devra contribuer à limiter le réchauffement à 2°C entre l’ère pré-industrielle et la fin du XXIe siècle. Il devra aussi porter sur l’atténuation, l’adaptation, le développement et le transfert de technologies.

A propos de finances, les deux puissances rappellent l’engagement pris par les nations les plus industrialisées, à Copenhague en 2009, à apporter 100 milliards de dollars (894 Md€) d’aides annuelles aux pays les moins avancés, à partir de 2020.

Coopération

Plus concrètement, Pékin et Bruxelles s’engagent à renforcer leur coopération dans les domaines des marchés du carbone[1], des villes résilientes à faible empreinte carbone, du captage-stockage géologique de CO2 (CSC), de l’afforestation, des émissions de l’aviation commerciale.

Les deux signataires promettent enfin d’intensifier leur coopération, en vue d’amender le protocole de Montréal sur les gaz mitant la couche d’ozone, dont certains sont de puissants gaz à effet de serre. Une première tentative avait échoué, l’an passé, à Paris.

En visite officielle à Paris, mardi 30 juin, le Premier ministre chinois, Li Keqiang, n’a pas été beaucoup plus loquace que la veille. Mais il a tout de même rendues publiques les promesses climatiques chinoises. En une quinzaine de pages, le document rappelle que la Chine entend plafonner ses émissions à partir de 2030, voire un peu plus tôt, reprenant les termes du communiqué diffusé lors de la signature de l’accord américano-chinois en novembre.

Un facteur carbone très élevé

Comme annoncé déjà en novembre, Pékin entend porter la part de sources d’énergies décarbonées[2] à 20% en 2020, contre 11,2% en 2014. Le facteur carbone des futures centrales au charbon ne devra ainsi pas excéder 300 grammes de carbone au kilowattheure. Ce qui reste très supérieur aux performances des centrales en service en Occident (215 à 230 gr C/kWh pour des centrales dont le rendement est supérieur à 40%).

Au chapitre des nouveautés: la superpuissance asiatique entend accroître son stock forestier d'environ 4,5 milliards de mètres cubes par rapport à 2005. Ce qui nécessitera de reboiser sur une surface de 45 millions d’hectares. Elle projette aussi de réduire de 60 à 65% son intensité carbone entre 2005 et 2020. Le précédent engagement en ce sens s’établissait à un abaissement de 40 à 45% des émissions de CO2 par unité de PIB entre 2005 et 2020.

En plein effort d’urbanisation, la Chine promet qu’en 2020 la moitié des immeubles construits seront «verts». Sans autre précision. A la même échéance, le tiers de la mobilité sera le fruit des transports publics, dans les métropoles et les villes moyennes. Pour réduire le nombre de régions en situation de stress hydrique, les capacités de dessalement et de traitement des eaux usées seront accrues. Avec le réchauffement, les eaux grises sont appelées à un brillant avenir.

 



[1] La Chine va unifier l’an prochain ses 7 marchés régionaux du CO2.

[2] Entrent dans cette catégorie: les énergies renouvelables, l’énergie nucléaire, le charbon à basse émission de CO2, les gaz non conventionnels (grisou).

 



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