Climat: les négociations dans l’attente de la décision américaine

Le 09 mai 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Ce n'est pas encore la foule des grands jours à Bonn.
Ce n'est pas encore la foule des grands jours à Bonn.
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Reprise, ce lundi 8 mai, des négociations internationales sur le climat. Un sommet sous l’influence de Donald Trump.

On l’avait oublié. La conclusion de l’Accord de Paris n’a pas mis fin, loin s’en faut, aux négociations internationales sur le climat. A la fameuse COP 21 a succédé la COP 22. Le tout rythmé par de nombreuses réunions inter-sessions, comme celle qui s’est ouverte le 8 mai à Bonn (Allemagne).

Si elle ne figure pas à l’agenda officiel, c’est évidemment la défense de l’Accord de Paris qui est dans toutes les têtes. Fustigé par l’administration Trump –qui hésite encore à annoncer un possible retrait-, l’accord signé le 12 décembre 2015 encadre la lutte contre le changement climatique pour les prochaines décennies.

144 pays, 80% des émissions

Ratifié par 144 pays, à l’origine de plus de 80% des émissions anthropiques de gaz à effet de serre, il prévoit la publication de politiques nationales, qui devront être régulièrement révisées. A ce jour, 165 pays ont rendu publiques leur contribution volontaire nationale (INDC). Leur mise en oeuvre dans la durée pourrait stabiliser le réchauffement entre 2,5 et 2,8°C (par rapport à l’ère pré-industrielle), estime Climate Action Tracker. C’est mieux que les transitions énergétiques actuelles (3,3 à 3,8°C). Mais très insuffisant à l’aune des objectifs fixés par l’Accord de Paris: un réchauffement limité à 2°C, voire 1,5°C.

Le grand inventaire

Concrètement, les grands dossiers qui seront traités dans l’ancienne capitale d’Allemagne fédérale sont conséquents. Il s’agit de définir les règles du jeu de l’application de l’Accord de Paris. Un exercice d’une incroyable complexité. Il s’agit, par exemple, de préciser les modalités de l’évaluation quinquennale des politiques nationales: le Global Stocktake (le grand inventaire), en jargon onusien. Imaginer aussi les conditions de fonctionnement des futurs mécanismes de flexibilité. Il avait fallu 4 ans de tractations pour rédiger les règles d’application du protocole de Kyoto, conclu en 1997. Un temps dont ne disposent pas les négociateurs. Cette fois, la copie devra être validée avant 2019. Il reste 18 mois pour conclure.

7 Américains contre le reste du monde

Washington ne sera clairement pas moteur de ces discussions. Forte de 7 personnes (moins que celle des Îles Tonga), la délégation américaine est à Bonn pour faire de la figuration. Une source au département d'Etat a indiqué à l'AFP que les Etats-Unis voulaient «s'assurer que des décisions ne porteraient pas préjudice» à leur politique, à la compétitivité de leurs entreprises, et plus généralement à leur croissance économique. C’est au nom de ce principe que la Maison blanche a déjà bloqué (probablement avant de la démanteler) toute la politique climatique américaine. Un acharnement totalement incompris dans le monde.

15.000 milliards de dollars

Après les gouvernements chinois et européens, c’est au tour des entreprises de protester. Lundi 8 mai, 214 investisseurs internationaux (gérant 15.000 milliards de dollars d’actifs -13.780 Md€) ont enjoint aux gouvernements du G7 et du G20 d’atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés à la COP 21 et dans leur INDC. Une requête déjà formulée à Donald Trump par les dirigeants de 16 multinationales, dont les pétrolières Shell et BP. Plus récemment, ce sont 17 officiers généraux à la retraite qui, dans une missive adressée au secrétaire d’Etat Rex Tillerson (l’ancien patron d’ExxonMobil) rappellent que le réchauffement est un amplificateur de menaces pour la sécurité internationale. Et qu’en conséquence, «il importe que les Etats-Unis restent impliqués dans les négociations ayant pour but de réduire ces risques».



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