Climat: les multinationales n’en font pas assez

Le 25 octobre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Peu d'entreprises ont une stratégie climatique à long terme.
Peu d'entreprises ont une stratégie climatique à long terme.
VLDT

Rares sont les grandes entreprises à intégrer durablement les conséquences du changement climatique dans leur stratégie à long terme.

Le monde de l’entreprise s’invite désormais à chaque sommet consacré au climat. Ce qui ne veut pas dire qu’il soit exemplaire en la matière. Un bon moyen de s’en convaincre est de se plonger dans le dernier rapport du CDP. Chaque année, ce consultant sonde les grandes entreprises de la planète pour évaluer leur stratégie carbone.

Très partielle[1], la photographie publiée ce mardi 25 octobre montre, si besoin en était, que le monde des grandes entreprises (tous secteurs confondus) peine encore à se mobiliser en défaveur du réchauffement climatique.

2.000 entreprises

Quelques exemples. Sur les 2.000 entreprises contactées, la moitié seulement ont répondu au questionnaire. Il est vrai que l’exercice est chronophage et, désormais, payant. Emettant quelque 6,3 milliards de tonnes équivalent CO2 par an (plus que les Etats-Unis), ces sociétés sont loin d’avoir intégré les conséquences du changement climatique dans leur stratégie: seules 14% se sont fixé des objectifs à l’horizon 2030. Des objectifs très insuffisants: -1 milliard de tonnes en 15 ans. Cela ne suffira pas pour inverser la tendance réchauffante.

Les énergies renouvelables sont à la mode. Peut-être, mais pas dans les bureaux des dirigeants des multinationales. Seules 5% promettent d’accroître leur production d’énergie verte. En revanche, 11% ont pour objectif d’augmenter leur consommation de kilowattheures renouvelables.

Plus émettrices que les Etats

Qu’en est-il en France? Les 88 sociétés ayant coché toutes les cases du CDP rejettent environ 600 Mt de gaz à effet de serre par an: moitié plus que l’Hexagone! Sur les 6 premiers émetteurs, 5 sont tricolores ou bien implantés en France (ArcelorMittal, 191 Mt CO2/an), Lafarge-Holcim (180 Mt), Engie (137 Mt), EDF (69 Mt) et Total (45 Mt).

En intégrant 53 sociétés des pays du Benelux, CDP essaie d’évaluer les effets des politiques climatiques des 115 entreprises ayant répondu aux questionnaires de 2015 et 2016. Résultat: une baisse de 2% des émissions en un an. Cette baisse d’une vingtaine de millions de tonnes de GES est majoritairement le fruit de l’amélioration de l’efficacité énergétique (35% du total), d’un changement de carburant ou de combustible (32%).

L’avenir pourrait s’annoncer moins carbonique. Plus de 8 entreprises sur 10 ont, en effet des objectifs de réduction d’émissions. C’est bien. Mais il faudra faire mieux. Car 26% de ces objectifs sont fixés pour… 2016. Et plus de la moitié des stratégies carbone prendront fin en 2020. A contrario, quelques pionniers, tels Proximus, L’Oréal ou Carrefour se projettent déjà en 2040, voire 2050.

 



[1] Seules 1.089 entreprises internationales ont répondu au questionnaire de CDP, dont 88 françaises.

 



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