Climat : les études d’impact devront évoluer

Le 17 novembre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le coût des désastres climatiques a triplé ces dernières années.
Le coût des désastres climatiques a triplé ces dernières années.

Les contraintes climatiques vont obliger les spécialistes de l’évaluation de l’impact environnemental à adapter leurs pratiques. Explications.

Changement climatique et étude d’impact : tel est le thème inédit d’une conférence organisée à Washington par l’association internationale des études d’impact (Iaia, selon l’acronyme anglais). Les 15 et 16 novembre, la Banque mondiale a accueilli plus de 200 experts, venus du monde entier, pour évoquer la problématique climatique vue à travers le prisme de l’évaluation environnementale.

Un sujet que l’on peut considérer sous bien des aspects. Prospectif, tout d’abord. Ingénieurs et écologues ont besoin d’outils pour évaluer les impacts climatiques régionaux, voire locaux. « En fait, nous devons trouver le moyen de faire le lien entre la science climatique globale et les besoins très locaux des urbanistes, des concepteurs de projets », résume Marsha Goldberg, de l’association des géographes américains.

Dans ce domaine, Hydro Québec a quelques longueurs d’avance. L’électricien québécois a évalué les conséquences des changements climatiques dans les régions où il exploite des centrales hydroélectriques. Après avoir adapté à ses besoins les modèles informatiques des climatologues, la compagnie canadienne estime que les précipitations vont augmenter au cours des prochaines décennies. Conséquence : elle devra maîtriser un risque croissant de crue. Et adapter ses ouvrages en conséquence.

Mais l’évaluation « environnementalo-climatique » a aussi des implications plus immédiates.

De grands établissements financiers commencent à conditionner leur financement à l’intensité carbone des projets qui leur sont soumis. « Si nous avons financé la centrale au charbon sud-africaine de Medupi [4800 mégawatts électriques (MWe) de capacités installées, ndlr], concède Stephen Lintner conseiller technique de la Banque mondiale, c’est après nous être assurés qu’il n’y avait pas d’alternatives crédibles, qu’elle mettrait en œuvre les meilleures technologies disponibles et que son empreinte carbone serait, de ce fait, la plus faible possible. » Certes. Mais cela n’empêchera pas la future plus grosse centrale au charbon d’Afrique australe d’ajouter chaque année à l’atmosphère une dizaine de millions de tonnes de CO2.

D’autres ont plus d’ambitions. A l’image de l’Overseas Private Investment Corporation (Opic). Spécialisée dans le financement de projets à l’international, cette banque publique américaine entend réduire de 30 % l’empreinte carbone de son portefeuille de projets en quelques années. « Concrètement, explique Jean-Noël Roulleau, de l’Agence française de développement (AFD), cela signifie qu’elle va cesser de financer la construction de centrales au charbon. »

La réduction des émissions de gaz à effet de serre n’est pas tout. « Les décideurs veulent savoir où, quand et avec quelle force les événements climatiques extrêmes frapperont. C’est fondamental si l’on veut construire de nouvelles villes ou réaliser d’importants aménagements. Mais pour cela, nous devons mener de nouveaux types d’études d’impact », reprend Stephen Lintner. Car l’adaptation aux conséquences des changements climatiques est un autre des enjeux majeurs auxquels les futures études d’impact devront répondre. « Le coût des désastres climatiques a triplé, ces dernières années, rappelle Roger Morier, conseiller à la Banque mondiale, alors que le coût de la prévention est resté stable. Ce qui démontre bien qu’il est beaucoup moins cher de prévenir que de reconstruire. » CQFD.



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