Climat: les Etats adoptent un accord insuffisant sur les émissions des voitures neuves

Le 10 octobre 2018 par Marine Jobert
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Les SUV, un tiers des ventes de voitures neuves.
Les SUV, un tiers des ventes de voitures neuves.

En trouvant un compromis sur une baisse de 35% des émissions de CO2 des voitures neuves en 2030, les ministres européens ne donnent pas à l’Europe les moyens d’honorer ses engagements en matière climatique.

Economie 1 – Climat 0. Les ministres européens de l’environnement sont arrivés ce 9 octobre à un accord controversé sur une baisse de 15% des émissions de CO2 des voitures neuves en 2025 et de 35% en 2030 (par rapport à 2021). Toute à sa défense de ses constructeurs, l’Allemagne –aux côtés la Bulgarie, la Hongrie, de la Pologne, la République tchèque, la Roumanie et la Slovaquie– a donc réussi à écorner sévèrement la position du Parlement européen. Le 3 octobre dernier, les eurodéputés avaient adopté, à une forte majorité, un texte qui imposait aux constructeurs de réduire de 20% les émissions carbonées des véhicules neufs mis sur le marché en 2021 et de 40% pour les véhicules de moins de 3,5 tonnes en 2030.
Réduction de 70%
Huit pays se sont opposés à cet accord, dont la France, en vain. Selon un calcul de l’ICCT (International Council on Clean Transportation) cité par Le Monde, c’est une réduction de 70% qu’il faudrait atteindre en 2030 pour que les émissions des voitures soient dans les clous de l’Accord de Paris. Au lendemain du dernier rapport du Giec, cet accord fait donc désordre. «Les Etats membres actent des objectifs faibles qui traduisent un ralentissement du rythme de réduction des émissions CO2 des voitures neuves par rapport à la règlementation actuelle», dénonce le Réseau Action Climat (RAC).
Une France entre deux chaises
Cela n’a pas empêché la fédération allemande de l'automobile VDA, qui chapeaute un secteur employant 800.000 personnes dans le pays, de qualifier l'accord européen d'«irréaliste» et de «dangereux pour l'emploi». Dans la même veine, François de Rugy, lui, a souligné qu’il fallait «avoir en tête les conséquences socio-économiques de nos décisions». Car si la France a plaidé pour une baisse de 40% des émissions en 2030, elle ne s’est pas jointe aux pays qui ont déploré à voix haute cet accord (Danemark, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas, Slovénie et Suède). La France, qui s’est positionnée en début de négociations pour une relève des propositions de la Commission européenne, ne s’est pas opposée à l’adoption de ce compromis qui remet en cause la capacité de l’Union européenne à relever son ambition climatique, souligne d’ailleurs le RAC. Un autre round de négociations s’est ouvert dès aujourd’hui entre le Conseil et le Parlement européen. «Nous ferons tout pour que le niveau d’ambition reste le plus fort possible!», promet l’eurodéputée écologiste Karima Delli.



 



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