Climat: les bonnes nouvelles à venir

Le 16 septembre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Hakima El Haïté, la ministre de l'environnement du Maroc, est confiante pour l'Accord de Paris et la COP22.
Hakima El Haïté, la ministre de l'environnement du Maroc, est confiante pour l'Accord de Paris et la COP22.

Au cours de ces prochaines semaines, l’Europe pourrait ratifier l’Accord de Paris, l’aviation devrait réguler ses émissions et la communauté internationale pourrait interdire le HFC. De bon augure avant la COP 22. Explications.

En jargon diplomatique, on appelle ça une longue séquence. Comprendre une série de sommets, d’événements médiatiques et de rendez-vous politiques qui vont enrichir l’actualité climatique de ces prochaines semaines. Le point d’orgue devant être la COP 22, qui s’ouvrira le 8 novembre à Marrakech (Maroc).

le comment faire

Le Maroc, justement, accueillait à Skhirat, les 8 et 9 septembre, une réunion informelle des négociateurs pour faire le point sur l’avancée des discussions. Organisé à huis clos, ce mini-sommet s’est déroulé sans heurts, événement plutôt rare. «L’ambiance était étonnamment bonne, confirme un membre de la délégation française. Tout le monde avait abandonné ses postures habituelles. Et tous se demandaient non plus s’il fallait encore amender l’Accord de Paris, mais comment le mettre en œuvre effectivement.» Un sentiment partagé par Hakima El Haité: «Nous avons bien avancé dans la rédaction de la feuille de route que nous présenterons lors de la COP 22», confirme la ministre marocaine de l’environnement.

l’Europe change ses habitudes

En Europe aussi, les stylos sont de sortie. Particulièrement ceux maniés par les juristes. Pour accélérer le rythme de ratification de l’Accord de Paris, les (toujours) 28 ont imaginé de tordre un peu le bras aux règles communautaires. D’habitude, l’UE ne peut déposer ses instruments de ratification d’un accord international qu’à la suite de la ratification formelle par les 28 Etats membres. On pourrait, cette fois, faire l’inverse.

Quelles émissions comptabiliser?

Ce vendredi 16 septembre, les chefs d’Etat et de gouvernement européens réunis à Bratislava pourraient entériner la possibilité pour l’UE de déposer ses instruments de ratification, directement après le vote du Parlement européen, prévu début octobre. Dans la foulée, le conseil des ministres de l’environnement ferait de même, permettant au Vieux monde de ratifier l’accord issu de la COP 21 avant l’ouverture de la COP 22. Si tel était le cas, ledit accord aurait de grandes chances d’entrer en vigueur avant même son premier anniversaire: du jamais vu de mémoire de diplomate! Parmi les points non encore tranchés par les juristes, le niveau d’émission que comptabiliserait l’ONU: celui des 28 dans leur ensemble (4,4 milliards de tonnes équivalent CO2/an) ou celui des pays ayant achevé leur processus de ratification: France, Autriche et Hongrie à ce jour (611 MtéqCO2/an).

Aviation: secteur pilote

Diplomates et experts n’auront pas trop le temps d’y réfléchir. Nombre d’entre eux alourdiront leur bilan carbone pour aller assister à la 39e assemblée plénière de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Du 27 septembre au 7 octobre, les Etats membres de l’institution onusienne en charge de la régulation du transport aérien devront adopter les règles du futur marché de quotas d’émission de gaz à effet de serre de l’aviation commerciale. «Ce sera le premier secteur à décliner concrètement un principe forgé lors de la COP 21: s’assurer une croissance neutre en carbone», se félicite Pascal Canfin, directeur général de la branche française du WWF.

La fin des HFC

Dans la foulée, Kigali accueillera, du 8 au 14 octobre, la 28e réunion des parties au protocole de Montréal. Régissant les gaz mitant la couche d’ozone stratosphérique, ce protocole doit en principe être amendé lors de la réunion qu’accueille la capitale du Rwanda. Après des années de tractations, les pays pourraient voter l’interdiction progressive de la production et de l’utilisation des hydrofluorocarbures (HFC, des substituts des CFC, destructeurs de la couche d’ozone), des gaz de synthèse dont le pouvoir de réchauffement est plusieurs milliers de fois supérieur à celui du CO2. Une telle interdiction équivaudrait à éviter l’émission dans l’atmosphère de 105 milliards de tonnes de gaz carbonique d’ici 2050, a calculé le programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue).

bons augures

Entrée en vigueur ultra rapide de l’Accord de Paris, régulation des émissions de l’aviation et disparition annoncée des pires GES produits par l’homme, la séquence climatique de cette fin d’année est placée sous de bons augures, moins de deux mois avant l’ouverture de la COP 22. Un sommet où il faudra forger les outils qui permettront de faire vivre les principes de l’Accord de Paris, notamment pour ce qui concerne le financement des politiques climatiques des pays du Sud (les fameux 100 milliards de dollars par an à partir de 2020), le développement des compétences dans les pays vulnérables et le transfert de technologies.



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