Climat: les assureurs US ne sont pas prêts

Le 22 octobre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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6,5 millions de logements US sont menacés par les éléments.
6,5 millions de logements US sont menacés par les éléments.

Peu conscients du risque climatique, assureurs et réassureurs américains prennent peu de précautions.

Assureurs et réassureurs sont en première ligne des changements climatiques. Plus que tout autre secteur d’activité, les professionnels de la maîtrise du risque devront payer les pots cassés par l’accroissement du nombre et de la puissance des événements climatiques extrêmes, les vagues de chaleur, la montée du niveau de la mer ou le changement de régime des pluies. Au fait, ces compagnies sont-elles conscientes de l’arrivée à grande vitesse du risque climatique?

Exposition aux risques

La législation de 5 états américains[1] impose aux compagnies d’assurance et de réassurance d’établir leur exposition aux risques climatiques. A l’évidence, la règle est encore peu appliquée. Le Ceres, une ONG américaine, a posé la même question à 330 compagnies agissant outre-Atlantique. Et le résultat n’est pas glorieux.

Publiée en début de semaine, l’étude du Ceres montre que la grande majorité des assureurs et réassureurs établis aux Etats-Unis ne sont pas prêts à faire face aux effets du réchauffement. Environ 11% des compagnies déclarent mettre en œuvre une politique de maîtrise du risque climatique. Avec les réassureurs (notamment Swiss Re et Munich Re), les plus avancées sont les entreprises spécialisées dans l’assurance de biens et de responsabilité. Loin devant, en tout cas, que les assureurs vie ou les mutuelles.

6,5 millions de logements menacés

L’ONG basée à Boston appelle le secteur de l’assurance à se ressaisir: «l’ouragan Sandy a causé plus de 68 milliards de dollars de dégâts (dont 29 milliards ont dû être remboursés par les assureurs) et tué 210 personnes.» Pire, selon CoreLogic, 6,5 millions de logements sont situées dans des zones de choix pour les ouragans.

La valeur (considérable) des actifs gérés par les assureurs-vie pourrait être dégradée à la faveur d’une catastrophe climatique. De quoi inquiéter les assurés qui leur ont confié la gestion de 25.000 milliards de dollars d’actifs.

Les mutuelles de santé ne prennent pas non plus compte des conséquences sanitaires des vagues de chaleur. L’été 2003 constituait pourtant une bonne répétition des étés normaux des prochaines décennies.

Finalement, le Ceres appelle assureurs et réassureurs à intégrer les risques climatiques dans leur stratégie. Ce qui les obligera, peut-être, à revoir à la hausse le montant des cotisations de leurs assurés eux aussi peu au fait des risques engendrés par le réchauffement.



[1] Californie, New York, Washington, Connecticut, Minnesota.

 



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