Climat : les Amis de la terre en guerre contre la Banque mondiale

Le 14 juin 2011 par Célia Fontaine
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La Banque mondiale a augmenté ses investissements dans les énergies fossiles et ne propose pas de solutions viables au changement climatique, estime un rapport des Amis de la terre international publié le 11 juin.
 
C’est à l’occasion des négociations climatiques qui se tiennent actuellement à Bonn que l’ONG a choisi de réitérer un message déjà lancé en février dernier (dans le JDLE) et soutenu par grand nombre de pays en développement.
 
En janvier 2010, la Banque mondiale a lancé une révision de sa stratégie Energie pour les 10 années à venir. Mais dans ce cadre, la Banque a investi 6,6 milliards de dollars (4,82 milliards d’euros) dans les énergies fossiles, soit 126% de plus que l'année précédente. 4,4 Md$ (3,21 Md€, soit 356% de plus que l’année d’avant) sont allés dans de méga centrales à charbon, dont celle de Medupi en Afrique du Sud, projet auquel la population locale était massivement opposée en raison de ses impacts environnementaux et sociaux désastreux. Un investissement de 450 millions $ (311,63 M€) a en outre été approuvé pour financer une usine de 4.000 mégawatts à Gujarat, en Inde, qui devrait émettre 25,7 millions de tonnes de CO2 par an pendant au moins 25 ans.
 
 «Catalysing Catastrophic Climate Change» montre comment les financements de la Banque mondiale enferment certains pays comme l’Inde et l’Afrique du Sud dans une dépendance toujours plus grande au charbon. Le rapport souligne également qu’en conduisant l’expansion des marchés de carbone, l’institution financière aide les riches pays industrialisés à échapper à leurs obligations de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ce faisant, les dommages écologiques se multiplient et le déplacement des communautés dans le Sud se poursuivent.
 
«Malgré les prêts peu écologiques de la Banque mondiale, celle-ci cherche à avoir un rôle influent dans le nouveau Fond vert pour le climat des Nations unies ainsi que dans le mécanisme Redd[1]. Or il y a conflit d’intérêts», s’inquiètent les Amis de la terre.
L’association appelle donc à un financement climatique provenant de contributions budgétaires certifiées et de sources innovantes, non basées sur le marché, comme des taxes sur les transactions financières.


[1] Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts


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