Climat: les 2°C ne sont pas financés

Le 13 juin 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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On continuera de trop investir dans le charbon.
On continuera de trop investir dans le charbon.
VLDT

Il manque 5.300 milliards de dollars pour stabiliser la concentration de CO2 à un niveau jugé non dangereux.

On s’en doutait un peu. Cela se confirme. Les investissements ‘bas carbone’ prévus ne suffiront pas pour atteindre l’objectif réaliste de l’accord de Paris: stabiliser le réchauffement à 2°C d’ici la fin du siècle.

Dans son étude prospective annuelle, publiée lundi 13 juin, Bloomberg New Energy Finance (BNEF) dresse un portrait du bouquet énergétique planétaire à l’horizon 2040. L’étude tient compte, bien sûr, des promesses contenues dans les contributions climatiques nationales (NDC) et de grandes tendances, comme le ralentissement annoncé de l’économie chinoise.

Eolien et solaire, les moins chers

Pour des raisons différentes, le prix des grandes sources d’énergie va sensiblement baisser durant ces trois prochaines décennies: d’un tiers pour le charbon et le gaz naturel, de plus de 40% pour l’éolien terrestre et de 60% pour le photovoltaïque. Dans bien des pays, souligne BNEF, ces deux dernières sources d’énergie seront les moins chères pour produire de l’électricité. En Europe, les énergies vertes pourraient produire plus des deux tiers des électrons, contre 44% aux Etats-Unis.

Ce qui nourrira l’intérêt des électriciens et des investisseurs. D’ici 2040, 7.800 milliards de dollars (6.914 Md€) seront investis dans les énergies renouvelables, dont 3.400 milliards (3.013,8 Md€) dans les énergies solaires et 3.100 milliards (2.748 Md€) dans l’éolien. Bien, mais insuffisant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur énergétique suffisamment pour stabiliser la concentration de CO2 dans l’atmosphère à 450 parties pur million (ppm)[1].

King Coal not dead

Pour faire chuter un peu plus leur empreinte carbone, les électriciens doivent, ajoute BNEF, investir 5.300 Md$ (4.698 Md€) en plus dans les énergies peu ou pas émettrices. Ils devront aussi totalement renoncer aux sources d’énergie les plus carbonées. Or, estime le consultant, les grands pays émergents, Inde en tête, ne renonceront pas à King Coal: plus de 2.000 Md$ (1.773 Md€) devraient être investis dans ces technologies. Seule solution aux yeux des dirigeants de New Delhi pour satisfaire une demande qui devrait quadrupler ces 30 prochaines années.

Sous le double effet du ralentissement de sa croissance et des objectifs de son nouveau plan quinquennal, Pékin devrait fortement réduire la voilure charbonnière. En 2040, estime la filiale de l’agence de presse Bloomberg, la production de son parc de production au charbon sera inférieure de 1.000 térawattheures par an[2] aux prévisions faites, l’an passé, par BNEF. Impressionnant!



[1] La concentration moyenne actuelle de CO2 tourne autour de 400 ppm.

[2] Soit l’équivalent de deux années de production de la totalité du parc français.

 



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