Climat : le transport maritime ne torpillera pas l’accord de Paris

Le 16 avril 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le transport maritime devra réduire de moitié ses émissions de GES entre 2008 et 2050.
Le transport maritime devra réduire de moitié ses émissions de GES entre 2008 et 2050.
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L’Organisation maritime internationale (OMI) engage le transport maritime mondial à réduire de moitié ses émissions de gaz à effet de serre entre 2008 et 2050.

 

Vingt ans que l’on attendait ça. Deux décennies après la conclusion du protocole de Kyoto, premier accord à initier une régulation des émissions anthropiques de gaz à effet de serre (GES), les pays membres de l’OMI ont pris un engagement inédit pour le transport maritime.

Selon l’accord conclu vendredi 13 avril, les acteurs du fret maritime mondial devront réduire de 50%, au moins, leurs rejets de GES entre 2008 et 2050. En adoptant une résolution rédigée par le gouvernement norvégien, l’OMI accepte pour la première fois de tenter de maîtriser une source d’émission de GES en forte croissance.

Une base pour les actions futures

Cette «stratégie initiale prévoit pour la première fois (...) de diminuer les émissions totales de GES d'au moins 50% d'ici 2050 par rapport à 2008, tout en poursuivant ses efforts pour les éliminer complètement», précise l'OMI dans un communiqué. Son secrétaire général, Kitack Lim, estime qu'il s'agit d'une «base pour des actions futures», et encourage les Etats membres à «poursuivre [leurs] efforts».

Le prix du consensus

Historique pour les uns, insuffisante pour les autres, la «stratégie initiale» de l’OMI, qui doit être révisée à la hausse à partir de 2023, est moins ambitieuse que le projet défendu par l’Union européenne –lequel prévoyait une réduction des rejets carbonés de 70 à 100% entre 2008 et 2050. Ce ne sera pas le cas. Mais c’était sans doute le prix à payer pour qu’une centaine de pays donnent leur accord. Dans une organisation onusienne, comme l’OMI, les décisions se prennent toujours à l’unanimité.

Attentisme climatique

Dirigée par le Sud-Coréen Kitack Lim, l’OMI est depuis longtemps sous la coupe des acteurs du transport maritime (armateurs, chargeurs) et des Etats dont la flotte de commerce est importante, ainsi que le rappelle une étude de Transparency International. Ces derniers sont souvent de micro-Etats (Iles Marshall, par exemple), incapables de résister aux pressions exercées par de grandes nations: Etats-Unis, Brésil et Arabie saoudite, en tête. Ce qui explique en partie 20 ans d’attentisme climatique de l’organisation.

de 3 à 17%

Le transport maritime émet environ 3% des GES, soit l’équivalent des rejets d’un pays comme l’Allemagne. Mais sous l’effet de l’explosion des échanges commerciaux, cargos, porte-conteneurs et tankers pourraient émettre 17% des rejets carbonés mondiaux d’ici 2050, souligne un récent rapport du Parlement européen. De quoi torpiller l’Accord de Paris sur le climat.

Effets positifs

Quels peuvent être les effets de l’accord de l’OMI? Positifs pour Faig Abbasov. Un objectif de réduction de moitié des émissions signifie que les navires qui seront mis en chantier à partir de 2030 n’émettront plus de gaz à effet de serre, souligne le chargé de mission ‘Transport maritime’ de l’organisation Transport & Environment,

Moins de particules aussi

D’ores et déjà, quelques armateurs commencent à faire construire des navires consommant du gaz naturel plutôt que de fioul lourd: la certitude d’émettre moins de CO2, mais aussi moins de particules et d’oxyde de soufre. Des pollutions de moins en moins acceptées par les populations des villes portuaires. Demain, rappelle Tristan Smith, de l’Institut de l’énergie de l’université de Londres, les moteurs des navires de commerce tourneront à l’électricité, issue d’une combinaison de technologies: batteries, énergies renouvelables, hydrogène.

 



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