Climat: le Sénat se penche sur l’outre-mer

Le 18 février 2015 par Romain Loury
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Michel Magras, sénateur de Saint-Barthélemy
Michel Magras, sénateur de Saint-Barthélemy
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Début février, le Sénat a annoncé la mise en place d’un groupe de travail sur la situation de l’outre-mer face au changement climatique. Son but: mieux tenir compte des spécificités ultramarines, à l’approche de la 21ème conférence des parties à la convention de l’ONU sur le changement climatique (COP21), qui se tiendra en décembre à Paris.

«Biodiversité, énergies renouvelables, ressources en eau, prévention et gestion des risques, éducation au développement durable»… autant de sujets que le président du groupe de travail, le sénateur Michel Magras (UMP, Saint-Barthélemy), souhaite aborder dans ce rapport d’information [1].

«Au minimum», il s’agit pour lui d’obtenir une proposition de résolution, afin que le sujet soit débattu en séance publique au Sénat. «Ce rapport d’information devra être rendu public début novembre», soit juste avant la COP21, à laquelle le Sénat va consacrer un débat, explique au JDLE Michel Magras.

Si l’outre-mer, aussi bien au niveau terrestre que marin, présente de fortes spécificités face au réchauffement, le sujet n’est pas tout à fait neuf: il a notamment fait l’objet, en décembre 2012, d’un rapport de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (Onerc) -présidé par le sénateur de la Réunion, Paul Vergès.

Pour Michel Magras, «il s’agit de ne pas faire de doublon, mais d’avoir des objectifs complémentaires». Avec le Conseil économique, social et environnemental (Cese), auteur en mai 2014 d’un rapport sur l’adaptation de la France au changement climatique, l’Onerc sera le premier auditionné, «début mars», explique le sénateur. Quant à la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, «nous lui demanderons d’intervenir, mais la date n’est pas arrêtée».

L’outre-mer à l’écart des politiques publiques?

«Tout le monde en outre-mer est très sensible, très concerné par les effets des changements de température, de la montée des eaux, encore plus que la population vivant sur le territoire métropolitain», constate Michel Magras.

En matière environnementale ou autre, les politiques publiques laisseraient pourtant à désirer du fait qu’elles tiennent peu compte de la situation ultramarine. «Si les politiques publiques étaient adaptées, il est certain que Saint-Barthélemy n’aurait pas choisi son statut actuel: nous avons de nombreuses singularités, elles ne sont pas suffisamment prises en compte», juge le sénateur.

D’abord commune et arrondissement du département de la Guadeloupe, l’île est devenue en juillet 2007 une collectivité d’outre-mer (COM), dotée d’une plus grande autonomie. Depuis janvier 2012, elle est même un pays et territoire d’outre-mer (PTOM), ce qui signifie qu’elle n’est plus directement rattachée à l’Union européenne (UE).

Tout n’est pourtant pas à jeter dans l’action publique, admet Michel Magras: «ma sensibilité politique n’est certes pas celle du gouvernement, mais il y a des choses que j’approuve». Par exemple la mise en place de l’Agence française pour la biodiversité et la fusion en son sein de l’Agence des aires marines protégées (AAMP), prévues par le projet de loi biodiversité. Celui-ci sera discuté en première lecture à partir du 16 mars en séance publique à l’Assemblée nationale.

[1] Outre Michel Magras, qui préside la délégation sénatoriale à l’outre-mer, le groupe de travail, qui compte 16 sénateurs, est coprésidé par le sénateur Hervé Maurey (UDI, Eure), président de la commission du développement durable. Les deux rapporteurs sont Jérôme Bignon (UMP, Somme) et Jacques Cornano (divers gauche, Guadeloupe).



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