Climat: le retour de la fertilisation marine

Le 19 juillet 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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C'est depuis le Polar Stern que les chercheurs européens ont fertilisé l'océan.
C'est depuis le Polar Stern que les chercheurs européens ont fertilisé l'océan.
Alfred Wegener Institut

 

On la croyait immergée, la voilà qui refait surface. La fertilisation marine est l’une des plus anciennes techniques imaginées par des biologistes et des entrepreneurs pour tenter d’extraire le trop plein de CO2 atmosphérique.

 

L’idée est simple: des bateaux dispersent de la limaille de fer à la surface d’un océan pauvre en nutriments pour provoquer la formation d’un bloom de phytoplancton. Chlorophylle aidant, les microscopiques plantes marines pompent le CO2 de l’air et l’emmènent avec elles dans les grands fonds sitôt avoir passé l’arme à gauche. Après toute une série d’expériences menées avec plus ou moins de bonheur au début du siècle, on pensait l’affaire enterrée, faute de résultat. Et bien non.

 

Dans un article publié mercredi 18 juillet dans Nature, Victor Smetacek de l’institut Wegener d’études polaire et marine de Bremerhaven (Allemagne) affirme que la fertilisation, ça marche.

 

En ré-examinant les résultats du programme européen Eifex (au cours duquel des scientifiques ont diffusé 7,7 tonnes de sulfate de fer sur 167 kilomètres carrés d’océan Antarctique en février 2004), le chercheur affirme que la moitié du phytoplancton a bien joué son rôle, en séquestrant du carbone à plus de 1.000 mètres de profondeur.

 

Mieux, le rendement serait intéressant. «Un atome de fer permettrait de stocker 13.000 atomes de carbone», résume le scientifique. Dit autrement, une tonne de fer permettrait d’envoyer 10.214 tonnes de gaz carbonique à 20.000 lieues sous les mers. Victor Smetacek estime que la technique pourrait envoyer par le fond un milliard de tonnes de CO2 par an: 6 semaines d’émissions chinoises.

 

Aussi intéressantes soient-elles, ces nouvelles données ne répondent pas à toutes les interrogations concernant la fertilisation. A commencer par la durée de stockage du carbone dans les grands fonds. Un sujet particulièrement sensible dans les zones d’upwelling. Par ailleurs, nombre de biologistes marins craignent que la création de nombreux blooms algaux artificiels entrainent la formation de zones abiotiques dans la colonne d’eau.

 

Deux raisons pour lesquelles, depuis 2007, la convention de Londres sur la prévention de la pollution des mers interdit la fertilisation. Interdiction confirmée en octobre 2010 par le protocole de Nagoya.



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