Climat: le Québec fait son show

Le 01 juillet 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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Marc Heurtel, invité du World Summit Climate and Territories
Marc Heurtel, invité du World Summit Climate and Territories

Invité vedette de l’un des ateliers du sommet mondial Climat & Territoires, qui s’est ouvert ce 1er juillet à Lyon, le ministre québécois de l’environnement a livré un véritable panégyrique du marché du carbone. Aux conditions nord-américaines, bien sûr.

 

 

Dans une autre vie, Marc Heurtel a présidé l’entreprise Juste pour rire. Mais à Lyon, le ministre québécois de l’environnement, du développement durable et de la lutte contre le changement climatique n’était pas là pour rigoler.

Invité vedette de l’atelier dédié à la transition énergétique, le responsable canadien a présenté les clés du succès de la Belle province en la matière. «En 2006, nous nous étions fixé comme objectif de réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 6% d’ici 2012[1]. Nous avons finalement réussi à les abattre de 8%», s’enthousiasme-t-il. Un résultat largement imputable, selon lui, à l'ouverture progressive du marché du carbone local.

Co-initiatrice, avec la Californie, de la Western Climate Initiative (WCI[2]), la région francophone a annoncé dès la fin des années 2000 la monétarisation des émissions carbonées. Ce qui aurait, estime Marc Heurtel, suscité l’anticipation des entreprises industrielles. Depuis 2013, le marché est opérationnel au Québec; marché qui s’est couplé avec son cousin californien l’année suivante.

à la question portant sur les différences avec l’ETS européen, le ministre canadien sourit: «Nous avons beaucoup appris de l’expérience européenne», confirme-t-il. Principale leçon: l’établissement de prix plancher et plafond lors de la mise aux enchères des quotas. «Et après 7 mises aux enchères, nous pouvons constater que plus de 90% des quotas sont vendus à un prix égal ou supérieur au prix plancher. Ce qui l’a fait passer de 10 dollars en 2013, à 15 dollars en 2015 [de 9 à 13,5 €] Une évolution inflationniste radicalement opposée à celle du marché européen.

Autre différence notable: le fléchage du produit de la vente de quotas vers le Fonds vert québécois. D’ores et déjà, 550 M$ (497 M€) ont été réinjectés pour financer des projets locaux faiblement carbonés. «Et le marché du carbone permettra de mobiliser 3,3 Md$ [3 Md€] d’ici 2020», indique Marc Heurtel. Cette manne sera principalement utilisée pour décarboner le secteur des transports, à l’origine de 44% des émissions québécoises. La région va donc remplacer ses bus traditionnels par des véhicules électriques. «Déjà, 23 entreprises régionales spécialisées dans le transport “électrique“ se sont créées et emploient quelque 3.000 personnes.»

Renchérir le prix du carbone pour financer la transition énergétique serait donc créateur d’emplois et de richesses? Marc Heurtel veut y croire: «Les Etats fédérés et provinces soumis à une contrainte carbone ont connu la plus forte croissance économique d’Amérique du Nord. Pas étonnant que l’Ontario ait choisi de nous rejoindre.»

 



[1] Reprenant au niveau régional l’objectif fixé au Canada par le protocole de Kyoto.

[2] La WCI est l’un des deux marchés nord-américains de quotas de gaz à effet de serre. Le second étant la RGGI, en vigueur dans une dizaine d’Etats du nord-est des Etats-Unis.

 



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