Climat : le plan national d’adaptation tombe dans l’eau

Le 20 décembre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le Canadair vedette du PNACC-2.
Le Canadair vedette du PNACC-2.
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L’essentiel des actions du second plan national d’adaptation aux changements climatiques porteront sur une meilleure gestion de l’eau.

Cela devrait être une politique structurelle. Car l’adaptation aux conséquences des changements climatiques concerne tous les territoires et de très nombreuses activités économiques: agriculture, production d’énergie, tourisme, BTP. Notre état de santé sera aussi affecté par les vagues de chaleur intense, les concentrations accrues de polluants.

«Le dérèglement climatique s’accélère et les impacts du changement climatique seront importants en France dans les prochaines années», rappelait le plan Climat de juillet 2017. «Ces effets seront visibles dans le monde de nos enfants, ça va venir très vite», renchérit la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte.

changer d'échelle

Le gouvernement semble l’avoir bien compris. Ce jeudi 20 décembre, lors de la présentation du plan national d’adaptation valable pour la période 2019-2024 (Pnacc), le ministre de la transition écologique a confirmé qu’il fallait «changer d’échelle».

Fort logiquement, le gouvernement se fait fort d’investir 3,5 milliards d’euros sur la période pour adapter l’Hexagone et les Outre-mers à la montée du niveau des océans, aux événements climatiques extrêmes et à leurs effets. Un montant 200 fois supérieur à celui mobilisé pour financer les actions prévues par le premier Pnacc (2011-2015). Impressionnant, mais trompeur!

uNe histoire d'eau

«L’essentiel du budget sera en fait porté par les agences de l’eau qui investiront 3 milliards sur la période», précise Sarah Feuillette, responsable Planification, évaluation et prospective à l’Agence de l’eau Seine-Normandie. Autre importante ligne de budget: l’achat par le ministère de l’Intérieur de 6 bombardiers d’eau Canadair. Bref, la protection des ressources en eau et des forêts (via les bombardiers d’eau) sont les priorités de ce deuxième Pnacc.

Exit l’adaptation des infrastructures, la lutte contre les ilots de chaleur urbains, la recomposition du littoral en fonction du recul du trait de côte, l’accompagnement des filières touristiques les plus touchées (les stations de sport d’hiver pyrénéennes, par exemple). «On ne va pas ajouter des couches de financements publics», reconnaît François de Rugy. Promesse tenue pour le coup.

Pour avoir une bonne idée des actions qui seront probablement entreprises d’ici à 2024, le mieux est de se tourner vers Lyon. Le 15 novembre dernier, la capitale des Gaules accueillait les agences de l’eau pour évoquer leurs priorités climatiques.

500 M€ par an

Malgré les ponctions gouvernementales, les 7 comités de bassin prévoient de consacrer 500 M€ par an aux solutions climatiques, au cours des 6 prochaines années. Au menu: des plans visant à optimiser les consommations, refaire des réseaux d’adduction, construire des stockages et des aqueducs, renaturaliser les lits des rivières et les zones d’expansion des crues.

Il faudra sans doute aussi imaginer une autre gouvernance de l’eau pour répartir les prélèvements suivant la saison et le type de ressources et définir de nouvelles règles de partage. Un sujet déjà pointé du doigt par l’association AcclimaTerra lors de la publication de son rapport sur les effets du réchauffement en Nouvelle-Aquitaine.



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