Climat: le Nord ne tient pas (encore) ses engagements

Le 12 octobre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Christine Lagarde, patronne du FMI, a milité pour l'instauration d'une taxe carbone.
Christine Lagarde, patronne du FMI, a milité pour l'instauration d'une taxe carbone.

C’était une réunion essentielle à la réussite de la COP 21. Vendredi 10 octobre s’achevaient, à Lima, les assemblées générales de la Banque mondiale et du Fonds monétaires international (FMI). Elles n’ont pas donné les résultats attendus.

Bon nombre d’observateurs estimaient qu’à cette occasion, les principaux actionnaires des deux institutions allaient enfin dévoiler les modes de financement des fameux 100 milliards de dollars (8,8 Md€) à apporter chaque année à partir de 2020 aux pays les plus vulnérables. Faite lors du sommet climatique de Copenhague, en 2009, cette promesse est l’une des clés du succès de la COP 21, qui s’ouvre le 29 novembre. Pour le moment, elle n’est pas tenue.

Gros efforts des banques de développement

Bien sûr, les gouverneurs des banques et les ministres des finances n’ont pas été avares d’annonces. Le 9 octobre, le président de la Banque européenne pour l’investissement (BEI) a indiqué vouloir porter à 35% (contre 25% actuellement) la part des prêts qui seront consentis pour financer des actions climatiques dans les pays en développement. «La banque devrait apporter plus de 110 Md$ (96,7 Md€) pour des projets en faveur du climat au cours des 5 prochaines années», a précisé Werner Hoyer.

Dans un communiqué publié le 8 octobre, le groupe des 20 pays les plus vulnérables aux conséquences du réchauffement (V20) estime à 45 milliards de dollars (39,5 Md€) par an le coût des dégâts imputables aux changements climatiques. Ce montant pourrait presque décupler d’ici 2030, estime le V20.

Même son de cloche dans les directoires des autres grandes banques de développement. Environ 40% des prêts accordés par la Banque européenne de reconstruction et de développement (Berd) iront à la lutte contre le réchauffement: 15% de mieux qu’aujourd’hui. Idem ou presque pour la banque africaine de développement et sa consœur inter-américaine. La Banque mondiale, elle, ne consent à accroître que de 7% la part de ses investissements climatiques, lesquels atteindront 16 Md$ (14 Md€) en 2020, contre 10 actuellement.

Les deux tiers du chemin

Hétéroclites, ces annonces représentent au total une quinzaine de milliards de dollars par an qui s’ajouteront, il faut l’espérer, aux 62 milliards comptabilisés la semaine passée dans un rapport de l’OCDE. Le bilan est donc simple: au mieux les pays les plus riches ont bouclé les deux tiers de leurs promesses de Copenhague (77 milliards sur les 100 annoncés). Il faudra donc –et ça n’est pas une surpris – mettre le secteur privé à contribution. C’est l’objet de prochaines réunions internationales, à Rabat et Bonn, et surtout du sommet du G20 à Antalya (Turquie), les 15 et 16 novembre.

 



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