Climat: la revanche des caciques démocrates

Le 29 mars 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Alexandria Ocasio-Cortez ne fera pas voter de loi climat.
Alexandria Ocasio-Cortez ne fera pas voter de loi climat.
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Après le rejet par le Sénat US du projet de Green New Deal, porté par la jeune génération démocrate, deux vieux routiers du parti publient une proposition de loi climatique, ciselée par l’establishment économique US.

 

Il n’y a pas qu’en Europe que les jeunes font bouger les lignes politiques en défilant pour le climat. La lame de fond s’est aussi abattue sur le rivage américain. En témoignent les soutiens qui pleuvaient sur le projet de Green New Deal, présenté début février par l’étoile montante du parti démocrate américain, la trentenaire Alexandria Ocasio-Cortez (AOC).

La bouillonnante députée de New York proposait aux Américains d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050 en durcissant les normes énergétiques des logements, rénovant les bâtiments et en interdisant la production d’électricité carbonée. L’agro-alimentaire industriel laisserait la place à l’agriculture familiale. Enfin, les Américains ne se déplaceraient plus qu’en voiture électrique et en TGV.

Sans surprise, ce projet a été retoqué au Sénat, le 26 mars, par le score sans appel de 57 à 0. Aucun des 43 sénateurs démocrates présents ce jour-là au Capitole n’a donné sa voix au projet d’AOC. Terrible défaite pour la jeune femme.

80% de baisse des émissions

Et ce n’est sans doute que le début de la reconquista de la scène politique de Washington par les politiciens professionnels. Deux jours plus tard, le sénateur Chris Van Hollen et le député Don Beyer déposaient une proposition de loi sur le climat. Dans leur texte, les deux caciques du parti démocrate proposent d’abattre les émissions carbonées américaines de 80% entre 2005 et 2040.

Pour ce faire, le Healthy Climate and Family Security Act imposerait aux producteurs d’énergies fossiles un système fédéral de quotas d’émission de CO2, dont l’allocation déclinerait régulièrement. Le produit de la mise aux enchères desdits quotas serait entièrement redistribué aux Américains, a précisé d’emblée Chris Van Hollen.

validé par des économistes

Ce dispositif reprend trait pour trait un projet de tarification des émissions proposé mi-janvier par d’anciens présidents de la Réserve fédérale américaine, deux ex-ministres des affaires étrangères, plusieurs prix Nobel d’économie, ainsi que les économistes en chef d’ExxonMobil et d’Exelon. A quelques mois du lancement de la campagne présidentielle, la lutte contre le réchauffement est en passe de s’imposer comme l’une des thématiques politiques majeures, outre-Atlantique.



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