Climat : la France championne du monde

Le 06 août 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Selon une étude canadienne, la France est le pays du G8 à produire le plus d'efforts climatiques.
Selon une étude canadienne, la France est le pays du G8 à produire le plus d'efforts climatiques.

A la demande du Canada, Deloitte & Touche a conçu des indicateurs d’efficacité des politiques climatiques des pays du G8. Surprise, la France arrive largement en tête du classement des 8 pays les plus riches du monde.

Après la moisson de médailles engrangée par les athlètes tricolores lors du championnat d’Europe d’athlétisme de Barcelone, la France décroche un nouveau titre. L’Hexagone vient de recevoir la couronne mondiale de la lutte contre le changement climatique. ça n’est pas une blague. Et la compétition n’était pas organisée par le ministère français de l’écologie.

A dire vrai, la médaille nous est décernée par des experts canadiens. Et pas n’importe lesquels. C’est une obligation légale au Canada : les politiques publiques, en matière d’environnement, sont soigneusement analysées par la Table ronde nationale sur l’environnement et l’économie (TRNEE). Créé en 1988, cet aréopage d’experts issus de la société civile conseille le gouvernement fédéral en amont du vote des lois et suit l’application des politiques environnementales.

La politique canadienne de réduction des émissions de gaz à effet de serre ne lui paraît pas être des plus brillantes. Les membres de la Table ronde rappellent que le Canada a vu ses émissions de GES augmenter de 26 %entre 1990 et 2007, ce qui est la plus forte hausse au sein des pays du G8. « Bien que le Canada ne compte que pour un peu plus de 2  % des émissions mondiales, nos émissions par habitant sont les deuxièmes plus élevées au monde », soulignent-ils aussi.

Pour bien faire passer le message de l’inefficacité des politiques climatiques menées ces dernières années, la TRNEE a commandé à Deloitte & Touche une étude inédite. Le consultant a mis au point une quinzaine d’indicateurs permettant d’évaluer l’efficacité et la pertinence de ces politiques au sein des pays du G8. La « décarbonisation » est passée au crible des émissions du secteur énergétique, de l’innovation, des compétences, des montants des investissements consentis, des institutions. Le tout étant mouliné dans un rapport mis en ligne cette semaine.

A ce classement international, la France l’emporte haut la main. Ses atouts traditionnels, certes, ne sont pas négligeables : 90 % de ses moyens de production d’électricité n’émettent pas, directement, de gaz carbonique. L’intensité carbonique de son économie est la meilleure du monde : moins de 200 kilogrammes de CO2 électrique émis pour produire un millier de dollars de PIB, contre près de 450 kg pour le Canada et plus de 1.300 kg pour la Russie. Suite logique du paquet Energie-climat et du Grenelle, l’Hexagone se classe en seconde position mondiale (derrière le Japon) pour les investissements gouvernementaux dans la R&D sur les énergies à faible émission de carbone.

Plus étonnamment, les performances ne sont pas mauvaises en termes d’institution (politique à long terme, comptabilisation des émissions, internalisation des prix du carbone) ou de formation de compétences. En revanche, son secteur privé reste encore un peu frileux. Les « capitaux risqueurs » français n’ont participé qu’à hauteur de 1,5 % au développement des technologies vertes entre 2004 et 2009, soit 3 fois moins que l’Allemagne et 5 fois moins que le Royaume-Uni.

Comme on pouvait s’y attendre, le Canada ne se classe pas à la meilleure des places : 6 e sur 8. « Le classement général du Canada découle principalement du fait que l’économie repose sur des émissions de carbone élevées du secteur de l’énergie et du faible rendement de lacatégorie Politiques et institutions », résume la TRNEE. Doux euphémismes pour rappeler que le Canada, pas plus localement qu’au niveau fédéral, n’entend pénaliser son dynamique secteur des hydrocarbures (pétrole, gaz, sables bitumineux). Une incohérence par ailleurs dénoncée par des organisations environnementales. Jeudi 5 août, un rapport de la fondation David Suzuki rappelait que la Saskatchewan (région productrice de pétrole) avait « oublié » d’intégrer les industries lourdes, pétrolière et gazière, dans son projet de régulation des émissions de GES. En juillet 2009, le Manitoba a réduit la taxation du carburant de l’aviation de transport de fret.

Peut effectivement mieux faire.



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