Climat: la finance passe à l’offensive

Le 18 juillet 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Plus l'empreinte carbone d'une entreprise est importante plus ses actifs sont menacées par le réchauffement.
Plus l'empreinte carbone d'une entreprise est importante plus ses actifs sont menacées par le réchauffement.
Schroders

Schroders, le plus gros fonds d’investissement britannique, va évaluer la réalité de l’adaptation aux changements climatiques des entreprises et des Etats. Il y va de la bonne santé de l’économie mondiale, estime ce poids lourd de la City.

À ceux qui en doutaient encore, le monde de la finance commence vraiment à s’inquiéter des conséquences (financières) du réchauffement climatique. L’élan a été donné par le fonds norvégien pétrolier.

Depuis quelques années, le plus riche fonds souverain du monde (il gère 851 milliards d’euros d’actifs) réduit son exposition au risque carbone, en supprimant de son portefeuille les actions ou les obligations d’entreprises trop exposées aux risques carbone: producteurs de charbon, en tête. Suivant les conseils d’ONG, voire du gouverneur de la Banque d’Angleterre, de nombreux fonds de pension, tel l’Ircantec français allègent l’empreinte carbone de leurs actifs.

453 milliards d’euros d’actifs

Schroders, le plus gros investisseur coté britannique (453 milliards d’euros d’actifs) passe à la vitesse supérieure. Car, il y a urgence, dit-il. Selon les études prospectives réalisées par ce poids lourd de la City, le réchauffement atteindra 4°C d’ici la fin du siècle[1], au rythme actuel des émissions de gaz à effet de serre: le double de l’objectif le moins ambitieux fixé par l’accord de Paris. «Si rien ne change, commente Andy Howard, le monde de la finance entrera en collision pendant des années, voire des décennies, avec les forces de la nature.»

D’ores et déjà, le responsable du développement durable de Schroders estime que le réchauffement menace, en moyenne, 15 à 20% du cash flow des grandes entreprises.

 

Pour éviter d’en arriver là, les financiers doivent intégrer les risques climatiques dans leur système de prise de décision. L’équipe de Andy Howard a développé un tableau d’évaluation de ce risque: le Climate Progress Dashboard. Composé d’une dizaine d’indicateurs[2], cette grille de lecture permettra aux experts maison d’évaluer la réalité de la transition énergétique et écologique des Etats, qui vendent de la dette, et des entreprises qui cherchent à se financer en bourse.

Ces évaluations seront publiées chaque trimestre par le fonds britannique. Le nerf de la guerre pourrait bien se tarir pour bien des entreprises et de nombreux pays.



[1] Une évaluation qui rejoint celle de la Banque mondiale.

[2] Ambition des politiques, sensibilité des publics, action politique, stratégie climatique des entreprises, finance carbone, véhicules électriques, énergies renouvelables, captage-stockage du carbone, investissement dans les énergies fossiles, production de pétrole, de gaz et de charbon.

 



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