Climat: la Chine attend l’Europe

Le 13 décembre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Laurence Tubiana estime que les politiques français devraient s'intéresser davantage au réchauffement et ses conséquences.
Laurence Tubiana estime que les politiques français devraient s'intéresser davantage au réchauffement et ses conséquences.
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Face à quelques journalistes, Laurence Tubiana, ambassadrice de France au climat, imagine une riposte à l’anti-climatisme manifesté par l’équipe de Donald Trump. Scénario de prédilection: une alliance entre l’Europe et la Chine. Ce qui n’est pas gagné.

 

Le climat survivra-t-il à la présidence Trump? Climatiquement, 4, voire 8 années d’administration républicaine ne feront pas varier énormément une tendance qui nous mène déjà à un réchauffement supérieur à 3°C d’ici la fin du siècle. Politiquement, c’est autre chose.

Tenir bon

L’annonce de l’élection du milliardaire new-yorkais a tétanisé les participants à la COP 22, qui s’est tenue en novembre dernier à Marrakech. Lesquels se sont finalement serrés les coudes: «Le message de la COP 22, c’est que nous tenons bon», résume Laurence Tubiana. Reste à adapter la stratégie de la communauté internationale (si tant est qu’elle existe) à la nouvelle donne politique américaine.

Condominium américano-chinois

L’an passé, la situation était simple. Sous le condominium américano-chinois, l’ONU et la diplomatie française ont réussi à arracher l’Accord de Paris. «Tout le monde y était favorable. Et nous avons su utiliser les revendications des coalitions pour faire monter les enchères», rappelle l’ambassadrice française au climat. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.

Sortir du Brexit

«La Chine est candidate au leadership mondial sur le climat, mais elle a besoin d’alliés», explique la créatrice de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). En Afrique, en Amérique latine, en Asie, nul pays ne montre le moindre enthousiasme. Reste l’Europe. «C’est la solution idéale, mais elle nécessite encore beaucoup de travail», soupire l’ancienne conseillère de Lionel Jospin. Du travail sur elle-même, en l’occurrence. Le projet de politique Energie Climat à 2030 n’est pas (encore) consensuel. Mais ce sont surtout les négociations autour de la sortie de l’UE du Royaume-Uni qui phagocytent l’expertise et la réflexion bruxelloises.

Le ‘paquet hivernal’ a pourtant de quoi séduire une superpuissance en quête de reconnaissance climatique. «Il réaffirme l’ambition européenne de réduire de 40% les émissions de GES; un objectif que l’on dépassera sans doute.»

Le G20 ou jamais

Pour Laurence Tubiana, l’occasion à ne pas rater sera le prochain sommet des pays du G20, qui sera présidé, en juillet 2017, par l’Allemagne. Durant ces trouvailles entre puissants, la championne du climat imagine un scénario: unies, l’Europe et la Chine mettent à l’index planétaire le Bad Guy américain. «Nous devrons faire comprendre à l’administration Trump que le prix politique et économique à payer pour quitter l’Accord de Paris est extrêmement élevé.» «Cet accord crée le marché pour les énergies renouvelables, les véhicules propres, les technologies vertes: autant de secteurs qui susciteront beaucoup plus d’emplois que les mines de charbon», veut croire la diplomate.

 



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