Climat: la Banque mondiale s’inquiète pour le Maghreb et le Machrek

Le 25 novembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
C'est dans le delta du Nil que les paysans égyptiens produisent l'essentiel de leurs cultures.
C'est dans le delta du Nil que les paysans égyptiens produisent l'essentiel de leurs cultures.
Nasa

Dans un rapport catastrophiste, la banque multilatérale annonce une forte dégradation des conditions de vie dans la plupart des pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.

Nous n’en avons pas fini avec le «printemps arabe». Car les conséquences des changements climatiques vont bouleverser l’économie et l’organisation sociale de la plupart des pays du Maghreb et du Machrek. Dans un rapport publié dimanche 23 novembre, la Banque mondiale évalue les risques que fait peser le réchauffement climatique sur plusieurs régions du monde, dont le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

Chute des rendements agricoles

Le premier d’entre eux est sans nul doute l’inévitable hausse des températures moyennes. La Banque mondiale estime qu’une action immédiate et de grande ampleur, pourrait limiter à 1,5 °C la montée du mercure mondial. Comme suite à ces études prospectives, publiées en 2012 et 2013, l’institution de Washington estime que sans inflexion importante de notre mode de vie, c’est à un réchauffement de 4°C d’ici la fin de siècle que nous devons nous préparer.

Sous l’effet conjugué de températures plus élevées, de la multiplication des événements climatiques extrêmes (vagues de chaleur) et de la forte diminution des précipitations, le rendement des cultures devrait chuter dans la plupart des régions du Maghreb, du Machrek et du Moyen-Orient. En se basant sur la littérature scientifique récente, la Banque mondiale estime qu’un réchauffement de 2°C réduira les rendements agricoles d’un tiers en Jordanie, en Egypte ou en Libye.

Exode rural

La production agricole de ces régions étant tributaire à 70% des eaux pluviales, les analystes annoncent de longues périodes de troubles. «Les zones rurales abritent 43% de la population et les agriculteurs pauvres sont particulièrement exposés à la famine et à la malnutrition, conséquences directes des pertes de rendement et de la hausse des prix des denrées alimentaires. Si on y a joute des pressions non liées au changement climatique, la diminution des moyens d’existence en milieu rural pourrait entraîner une intensification de l’exode rural, ce qui renforcerait la précarité en milieu urbain et augmenterait les risques de conflit.»

Ilots de chaleur

Dans de nombreuses villes, la situation deviendra rapidement intenable. Avec un réchauffement moyen, Amman et Damas connaîtront non plus quatre jours par an de canicule mais deux mois consécutifs. A Bagdad, le quart de l’année sera caniculaire. «Les niveaux de stress thermique risquent de frôler les niveaux physiologiques des personnes travaillant en extérieur et d’entamer sérieusement la productivité du travail dans la région, tout en pesant sur les infrastructures de santé.»

Des hôpitaux et des cliniques qui, souvent, auront les pieds dans l’eau. Selon le niveau de réchauffement, le niveau de la Méditerranée, de la mer Rouge et de l’océan Indien devrait s’élever de 34 à 64 centimètres. Une bien mauvaise nouvelle pour les pays d’Afrique du Nord, dont une part importante de la population vit et travaille sur la bande littorale. Au Maroc, plus de 60% des habitants et plus de 90% des entreprises sont situés dans les principales villes côtières. En Egypte, la remontée des eaux marines va saliniser les terres fertiles du delta du Nil (65% de la production agricole nationale), mettant en péril l’activité de plusieurs millions de paysans et la sécurité alimentaire du pays.

Cruciale, cette dernière question est d’ailleurs posée à tous les gouvernements de la région. D’ores et déjà, la région est tributaire des importations pour satisfaire ses besoins en blé (50%), en orge (50%), en riz (40%) et en blé (70%). Précaire, cette situation va probablement s’aggraver, la population de la région devant s’accroître de moitié d’ici à 2050.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus