Climat: l’Unesco met en garde l’industrie du tourisme

Le 27 mai 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le tourisme génère 5% des émissions anthropiques de carbone
Le tourisme génère 5% des émissions anthropiques de carbone

L’Institution onusienne appelle l’industrie touristique à maîtriser son empreinte écologique et les gouvernements à renforcer la protection de leur patrimoine.

Venise et sa lagune, l’archipel des Galapagos, la vieille ville de Carthagène, le parc du Yellowstone, la forêt pluviale brésilienne, le monument mégalithique de Stonehenge. Mythiques, ces noms désignent aussi des blockbusters du tourisme mondial. Universels, ces sites drainent des dizaines de millions de visiteurs par an. Ce qui n’est pas sans conséquence sur leur pérennité.

Les conséquences des changements climatiques menacent aussi de nombreuses destinations fétiches des touristes, des transporteurs et des professionnels du tourisme. Ces derniers ont d’ailleurs une part de responsabilité non négligeable dans la dégradation du climat. «Le tourisme est très dépendant de modes de transport énergo-intensifs, comme les avions ou les voitures. Actuellement, ce secteur est à l’origine de 5% des émissions anthropiques de carbone[1], mais cela pourrait doubler dans les 25 prochaines années», avertit l’Unesco, dans un rapport sur le patrimoine mondial et le changement climatique.

 

31 perles du patrimoine mondial

Publiée jeudi 26 mai, l’étude recense 31 perles du patrimoine mondial particulièrement exposées à des hausses de températures, l’élévation du niveau des océans, une multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes et à un allongement de la saison des feux de forêt. Autant de phénomènes qui renforcent les effets du tourisme de masse. Ces menaces ne sont pourtant pas irrépressibles, estime l’institution onusienne qui appelle le secteur du tourisme à la vigilance climatique.

A commencer par les gestionnaires des sites. En général, les autorités locales identifient et parviennent à limiter les dégradations imputables aux hordes de visiteurs. Faute de compétences techniques, elles peinent, en revanche, à prendre en compte les conséquences annoncées du réchauffement.

 

Incroyable mais vrai: la Grande barrière de corail, très menacée par le réchauffement, ne figure pas dans le rapport de l’Unesco sur les sites inscrits au Patrimoine mondial. La raison en est simple. Après avoir lu le projet de texte concernant ce site phare du tourisme, le gouvernement australien a interdit à l’Unesco sa publication. Un coup du lobby charbonnier aussi?

6 milliards pour protéger Venise

Au Mali, le changement du régime des pluies pourrait réduire à néant la grande mosquée de Djenné, construite en terre crue. Le gouvernement équatorien regarde sans réagir le Pacifique engloutir les Moaï de l’Ile de Pâques. De son côté, l’Italie a investi 6 milliards de dollars (5,4 Md€) dans la construction d’un système de digues escamotables pour limiter la montée des eaux dans la lagune de Venise[2]. C’est 2 milliards de plus que le montant total des travaux de protection alloué pour un millier de sites inscrits au patrimoine mondial, se désole l’Unesco.

Les Etats membres sont appelés à renforcer la protection des sites faisant partie du patrimoine mondial. Notamment en limitant autant que possible les facteurs de dégradation: chasse et pêche illégales, conflits, pauvreté, tourisme incontrôlé. Faute de quoi, «certains sites du patrimoine mondial pourraient même perdre leur statut», menace Adam Markham, auteur principal du rapport.

L’industrie touristique est, elle, priée de se souvenir que la communauté internationale a récemment conclu l’Accord de Paris et adopté les objectifs de développement durable. Un nouveau corpus qui l’oblige à réduire son empreinte écologique.



[1] Le tourisme produit environ 9% du PIB mondial.

[2] Le niveau moyen de l’eau s’est élevé de 30 centimètres dans la lagune depuis la fin du XIXe siècle.

 



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