Climat: l’OACI s’engage à ne pas se presser

Le 07 octobre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Satisfaits d'avoir repoussé la menace climatique, les reponsables de l'OACI se congratulent.
Satisfaits d'avoir repoussé la menace climatique, les reponsables de l'OACI se congratulent.
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C’est un véritable camouflet que vient de subir la diplomatie européenne. Vendredi 4 octobre, après une dizaine de jours de négociations, l’organisation internationale de l’aviation civile (OACI) a finalement convenu de réguler les émissions de gaz carbonique du transport aérien. Bonne nouvelle a priori. Mais le diable est dans les détails. Dans son communiqué, l’organisation onusienne parle, sans rire, d’un «accord sensationnel» pour répondre «aux défis mondiaux en matière de climat».

Ce dithyrambe mérite d’être décrypté.

Lors de la signature, en 1997, du protocole de Kyoto, l’ONU donne mandat à l’OACI d’aider la quarantaine de pays industrialisés à maîtriser les émissions de gaz à effet de serre (GES) de leur aviation commerciale. Il ne se passera rien jusqu’au 1er janvier 2012. Ce jour-là, l’Union européenne intègre de force le transport aérien dans son système d’échange de quotas d’émission (l’ETS). Désormais, toutes les compagnies opérant depuis le sol européen devront participer à l’ETS.

Les réactions sont vives. Le congrès américain envisage d’interdire aux compagnies US de participer au dispositif communautaire. Les entreprises chinoises et indiennes refusent de fournir à Bruxelles les données permettant d’évaluer le volume de leurs rejets carbonés. Pékin, enfin, menace de boycotter Airbus, l’avionneur européen.

La menace fait son effet. Le 12 novembre 2012, la commissaire à l’action climatique «arrête le sablier européen». En clair, les compagnies extra-européennes sont dispensées de participer à l’ETS, le temps que l’OACI mette en place son propre système. Ce qui est loin d’être le cas.

Vendredi, lors de sa 38e assemblée générale, l’agence onusienne a annoncé qu’elle présenterait un système, basé sur des mécanismes de marché (en gros, un système d’échange de quotas ou une redevance) d’ici … 2016. Il lui faudra ensuite 4 années supplémentaires pour le mettre en service dans les cieux de la planète. «Le dur travail européen a fini par payer. Après tant d’années de tractations, l’OACI a fini par faire le premier pas pour un accord global sur la réduction des émissions de l’aviation», n’a pas manqué de commenter la commissaire Connie Hedegaard. Les compagnies européennes, seules à participer à l’ETS, risquent de moins apprécier.



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